En 1955, il retourna en Algérie où il rejoignit les rangs de l'Armée de Libération Nationale (ALN), il se retrouva dans la wilaya 5 (Oranie) à la tête de laquelle il fut nommé en 1957, avant de prendre le commandement du P.C. d’Oujda, puis le commandement opérationnel de l’ouest. Très vite il se fit remarquer et occupa le poste de chef d'état-major de l’ALN. Il passa une partie de la guerre au Maroc en préparant ce qu'il appella "l'Armée de frontières", sous la protection de la police civile marocaine, avec un groupe nommé par la suite le "groupe de Oujda" comptant entre autres Abdelhafid Boussouf.
Une fois l'indépendance acquise, Boumédiène devient vice-président et ministre de la Défense du Conseil de la Révolution qui est alors présidé par Ben Bella.
Étant un proche de l'arabophonie et de la vision unique, refusant les accords conclus entre le président en place Ahmed Ben Bella avec l'opposition conduite par Hocine Ait Ahmed, alors responsable du FFS, Houari Boumédiène contesta le régime de son allié Ben Bella.
Ne partageant pas les orientations politiques de ce dernier, il décida le 19 juin 1965 de mener un coup d'État au terme duquel il devint le nouveau président de l'Algérie.
Sous sa direction, plusieurs actions furent entreprises en vue d'estomper sur le plan intérieur les tensions nées de la guerre d'indépendance.
En 1968, il réussit à faire évacuer la dernière base militaire occupée par la France à Mers el Kébir (Oran) ; alors que sur le plan économique, il optait pour le modèle socialiste, et fit construire sur la base de ce choix beaucoup d'usines et d'écoles.
Il contribua surtout, le 24 février 1971, au nom du principe de la récupération des richesses nationales, à la nationalisation des hydrocarbures, au grand dam de la France.
Cette nationalisation réussie confèra à Boumédiène une importante dimension internationale. En effet, Boumédiène réussit là où l'Iranien Mossadegh avait échoué.
L’année 1973 lui donna une nouvelle fois l’occasion d’affirmer son influence sur le plan international en organisant avec succès le sommet des non-alignés auquel les plus grands dirigeants du Tiers-Monde de l’époque assistent. Dès lors, l’Algérie de Boumédiène offrit un soutien très actif aux différents mouvements de libération d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, et c’est en véritable leader du Tiers Monde qu’il se rendit en 1974 à New York pour prendre part à une réunion spéciale de l’Assemblée générale de l’ONU sur les matières premières qu’il avait lui-même convoquée au nom des non-alignés. Il prononca à cette occasion un discours exposant une doctrine économique, favorable entre autres à l’établissement d’un nouvel ordre économique international plus juste, qui prendrait en compte les intérêts du Tiers Monde. Il avait pour cible l'exploitation des matières premières au profits des industries françaises. Au sein de celles-ci, le besoin d'une main d'œuvre à bas prix se fit sentir tout au long de leur développement. "Cette situation, nous ne pouvons pas la changer, ni dans quatre ans, ni dans cinq, ni peut-être dans dix ! Ce qui nous importe c'est de considérer l'émigration algérienne dans les pays européens, non pas comme un problème banal mais une question nationale. Personnellement, j’estime que, progressivement, de nombreux concitoyens qui ont émigré retourneront dès qu’ils pourront jouir des conditions de travail dans le pays. »
En 1975 il accueillit le premier sommet de l'OPEP par le biais duquel les membres du cartel avaient pu définir une politique pétrolière concertée. Dans le sillage de cette même réunion, il parvint à sceller la paix entre l'Iran du Chah et l'Irak de Saddam Hussein. Sur le plan intérieur, il fit voter en 1976 une charte en vertu de laquelle il promulguait la constitution d'une Assemblée législative ainsi que la création du poste de président de la République, soumis au suffrage universel.
À partir de l'année 1978, les apparitions publiques du président Houari Boumédiène se firent de plus en plus rares, et il s'avèra qu'il souffrait d'une maladie du sang, la maladie de Waldenström.
Toutefois, très peu de choses furent été dites à propos des circonstances qui entourèrent sa mort, survenue le 27 décembre 1978. |