Jean-Bedel BOKASSA

Jean-Bedel BOKASSA

Jean-Bedel Bokassa (22 février 1921 - 3 novembre 1996) fut un ancien président de la République centrafricaine (1966 - 1976) puis empereur autoproclamé  sous le nom de Bokassa Ier (1976 - 1979).
Il perdit ses parents à l'âge de six ans (son père qui protestait contre la brutalité des sociétés concessionnaires coloniales fut arrêté, jugé et exécuté par les Français ; sa mère se suicida peu de temps après).
Jean-Bedel Bokassa s'engagea dans l'armée française (mai 1939) et rejoignit les forces françaises libres (débarquement de Provence et à la bataille du Rhin).

Après la guerre, il fut élève de l'École militaire (Saint-Louis au Sénégal puis Châlons-sur-Marne). Il prit part aux conflits en Indochine et en Algérie (Légion d'honneur, Croix de guerre). Sa carrière dans l'armée française s'acheva avec le grade de capitaine.

David Dacko, président de la République centrafricaine, fit appel à ses services pour réorganiser l'armée du pays et le nomma chef d'état-major (1964). À la fin de l'année 1965,  Bokassa renversa Dacko et accéda au pouvoir (31 décembre 1965). Il s'auto-proclama président à vie (2 mars 1972) puis maréchal (19 mai 1974). En 1976 Bokassa se convertit à l'Islam et prit le nom de Salah Eddine Ahmed Bokassa. Cette conversion lui permi d'accéder à l'aide financière libyenne.

Bokassa se couronna finalement empereur le 4 décembre 1977 au cours d'une cérémonie à laquelle 5 000 invités assistèrent (aucun chef d'État ne fit cependant le déplacement).  Son titre complet était « Empereur de Centrafrique par la volonté du peuple centrafricain, uni au sein du parti politique national : le MESAN » ("Mouvement pour l'évolution sociale de l'Afrique noire").

En janvier 1979, il réprima dans le sang des manifestations de lycéens. Amnesty International et une commission de juristes internationaux établirent qu'il participa au massacre dans la prison de Bangui de 100 enfants qui avaient été arrêtés pour avoir protesté contre le coût trop élevé des uniformes scolaires imposés par l'empereur.

Des rumeurs prétendaient que Bokassa s'adonnait au cannibalisme mais ces accusations furent rejetées lors de son procès et jugées improbables par les nombreux enquêteurs dépêchés sur place à la suite de son renversement. Cette histoire aurait été inventée par les services secrets français afin de terminer de discréditer l'homme et de justifier son renversement.

Dans la nuit du 20 septembre 1979 (Bokassa Ier étant alors en Libye), les services secrets français lancèrent l'Opération Barracuda.  Le lendemain, vers minuit et demi, David Dacko annonçait officiellement la chute de l'Empire centrafricain et proclamait la République.

Empereur déchu, Bokassa se réfugia à Abidjan, en Côte d'Ivoire, pendant quatre ans, puis en France, à Hardricourt dans les Yvelines, pour finalement retourner à Bangui en octobre 1986, bien qu'il y eût été condamné à mort par contumace. Il fut arrêté et jugé pour trahison, meurtre, cannibalisme et détournement de fonds.

Le 12 juin 1987, il fut reconnu non coupable des charges de cannibalisme mais la peine de mort fut confirmée pour les autres charges. Sa peine fut d'abord commuée en prison à vie en février 1988, puis en 10 ans de réclusion. Il fut amnistié par André Kolingba en 1993 en tant que dernier acte présidentiel et mourut en 1996 d'un arrêt cardiaque.