Histoire de la Zambie

- 110 000 ans avant J.-C. : Présence de l'"homme de Rhodésie" (Homo rhodesiensis) attestée par la mise au jour d'un crâne dans un gisement métallifère au nord de Lusaka. Les Bochiman, auxquels sont attribuées les nombreuses peintures rupestres, ont précédé les agriculteurs bantou qui s'établirent dans la région au cours du 1er millénaire après J.-C. Ils y ont développé la métallurgie et les activités minières. Au nord, de grands empires se sont constitués dans la savane. La commercialisation du cuivre a fondé la puissance des Lunda. 
- Fin du XVIIème siècle : Les Bemba, venus du Congo, se sont installés dans l'actuelle Copperbelt. 
- XVIIIème siècle : Le pays était divisé en plusieurs États, souvent de petite taille ; au centre et au nord dominaient les Lozi ; le Sud était occupé par une ethnie originaire de l'actuel Malawi. La traite des Noirs s'est développée durant tout le siècle, sous le contrôle des marchands de Zanzibar.

La colonisation britannique

Dès le XVIIIème siècle : Les Portugais, présents en Angola et au Mozambique, pénètrent dans le pays par l'intermédiaire des pombeiros (métis de Portugais et d'Africains), liaison qui est accomplie officiellement au XIXème siècle par l'explorateur portugais Serpa Pinto, mais son exploit heurte les intérêts britanniques.
- 1851 : David Livingstone entreprend l'exploration de la vallée du Zambèze.
- 1855 : Il reconnaît les chutes Victoria.
- 1871 : Mort de Livingstone au lac Bangweulu.
- 1890 : La British South Africa Company, fondée par Cecil Rhodes, étend sa domination au Barotseland, à l'ouest, par la signature d'un traité avec les Lozi et se voit accorder par la Couronne le droit d'administrer les pays situés au nord du fleuve Limpopo. Les territoires orientaux sont intégrés à l'Empire britannique lors de la conquête du Nyasaland (actuel Malawi).
- 1911 : Création de la Rhodésie du Nord, rattachée à la colonie britannique du Cap mais administrée par la Compagnie de Cecil Rhodes.
- 1924 : L'administration est confiée à un gouverneur britannique, l'exploitation minière demeurant le monopole de la British South Africa Company. 
La découverte de gisements de cuivre dans le nord du pays date de la fin des années 1880, mais l'exploitation s'intensifie à partir des années trente, attirant d'abord de nombreux Européens puis des Africains du Nyasaland et de Rhodésie du Sud, plus agricole (actuel Zimbabwe). En quelques années, la Rhodésie du Nord devient l'un des premiers pays producteurs de cuivre. Si les Européens n'ont jamais eu le pouvoir politique dont jouissent les colons en Rhodésie du Sud, ils dominent le pays et bénéficient, dans les mines, de salaires très supérieurs à ceux des Africains. 
- 1953 : Les colons européens, inquiétés par la puissance du syndicat des mineurs africains, fondé en 1949 avec le soutien de Londres, accueillent favorablement la création de la fédération de Rhodésie-Nyasaland, qui doit permettre de prolonger la domination blanche. Le gouvernement central, dirigé par lord Malvern et sir Roy Welensky est calqué sur le système politique de la Rhodésie du Sud. Pour la Rhodésie du Nord, la lutte pour l'indépendance suppose, d'abord, la dissolution de la fédération.

Indépendance

- 1959 : Kenneth Kaunda, surnommé le "Gandhi noir" (ou "Gandhi africain") en raison de sa lutte pacifiste pour l'accession de la majorité noire au pouvoir, fonde l'UNIP (United National Independence Party).
- 1961 : Il déclenche une vaste campagne de désobéissance civile.
- Fin 1963 : Au terme de négociations menées à Londres, la fédération de Rhodésie-Nyasaland est dissoute.
- Octobre 1964 : Après la victoire de l'UNIP aux élections portant sur l'autonomie interne, la Rhodésie du Nord accède à l'indépendance sous le nom de Zambie. Les premières années sont marquées par des rivalités ethniques, les affrontements opposant notamment les Lozi, qui s'estiment lésés par le pouvoir, et les Bemba, majoritaires. Le président Kaunda, en réaction aux troubles ethniques et aux grèves qui se multiplient dans les mines, durcit le régime.
- 1968 : Les sièges réservés aux Blancs à l'Assemblée sont supprimés, puis les partis politiques, à l'exception de l'UNIP, sont interdits. Le parti unique doit, selon Kaunda, permettre une meilleure intégration nationale, dans un pays artificiellement construit par les colonisateurs.
- 1973 : Le régime de parti unique est institutionnalisé.
- 1975 : Une partie des terres est nationalisée dans le cadre d'un programme de développement de l'agriculture qui se solde par un échec. 
Le président Kaunda encourage la guérilla nationaliste, financée notamment par la Chine et l'Union soviétique, contre le pouvoir blanc de la Rhodésie du Sud, mais maintient toujours de bonnes relations avec les pays occidentaux. Cependant, la situation intérieure ne cesse de se dégrader.
- Début des années 1980 : La mise en place d'une politique de rigueur économique, appuyée par le Fonds monétaire international, attise le mécontentement d'une population dont plus d'un tiers est au chômage.
- 1986 : La rupture du programme n'apporte aucune solution.
- 1988 : Réélu pour un sixième mandat présidentiel à l'issue d'une élection sans opposition, Kaunda doit faire face, en 1990, à de violentes émeutes, provoquées par la fin du blocage des prix. Après l'échec d'une tentative de coup d'État, en juin, il accepte d'amender la Constitution pour autoriser le multipartisme.
- 1991 : Le MMD (Movement for Multiparty Democracy) triomphe aux élections législatives, emportant 80 % des sièges, puis à l'élection présidentielle (81 % des suffrages) de 1991. Ces premières consultations électorales libres depuis l'indépendance sont cependant marquées par une forte abstention. 
Le nouveau gouvernement ne parvient pas à juguler la crise économique et le pouvoir de Frederick Chiluba suscite de vives contestations, depuis qu'en 1994 plusieurs ministres, soupçonnés d'être impliqués dans un trafic de drogue, ont dû démissionner. Les élections législatives d'octobre 1996 et présidentielle de novembre 1996 reconduisent pourtant au pouvoir le président Chiluba et son parti, le MMD.

Le Président Chiluba
Mais l'opposition conteste la régularité du scrutin et accuse le pouvoir d'avoir tout fait pour éviter un retour aux affaires de Kenneth Kaunda (vote d'un amendement constitutionnel durcissant les conditions requises pour être candidat à la présidence de la République). Celui-ci bénéficie alors d'un courant de sympathie lié aux graves problèmes économiques engendrés par les ajustements structurels de l'économie exigés par le FMI.
- 29 octobre 1997 : Le régime du président Chiluba se durcit encore avec la déclaration de l'état d'urgence (à la suite d'une tentative de coup d'État militaire) et l'arrestation d'opposants. L'ancien président K. Kaunda est même détenu et inculpé de rétention d'informations, mais les protestations internationales et l'intervention de Nelson Mandela conduisent à un non-lieu et à sa libération.
- Déjà âgé, le président Kaunda ne présente plus de danger pour le pouvoir qui a remporté, en janvier 1999, les élections locales avec 66 % des suffrages exprimés.