Histoire du Togo

Le peuplement du Togo Des objets lithiques (meules, broyeurs, pierres taillées) et des perles de pierre ont été découverts dans tout le pays, en particulier dans le Nord où la nature du terrain, plus sec et plus dégagé, les rendent plus visibles.
L'étude préhistorique étant nouvelle dans la région, leur datation et leurs liens avec les cultures voisines n'ont pas encore été précisément établis. Les nombreux vestiges de fourneaux et de scories permettent cependant d'affirmer que l'activité métallurgique était intense dans le centre et que les forgerons exportaient le fer extrait des minerais de la région jusqu'à Kano au Nigeria. Certains de ces hauts-fourneaux de trois à quatre mètres de hauteur, qui servaient aux Bassari à réduire le minerai de fer pour fabriquer des outils et des armes, étaient encore utilisés à la veille de l'indépendance.
Comme les Bassari, les Tamberma et les Kabyé habitaient déjà les régions montagneuses lorsque arrivèrent des populations poussées par les événements qui déstabilisèrent durablement l'Afrique occidentale (traite négrière, introduction de fusils, puis islamisation de la savane).
Dans le Nord, les Gourma islamisés et les Kotokoli s'installèrent autour de Sokodé ; les Tyokossi s'établirent dans la région de Mango. Le centre et le sud du pays subirent les contrecoups de la montée en puissance des Bariba du Bénin ainsi que du royaume de Dahomey et des Achanti du Ghana. Réfugiées dans leurs montagnes, les populations locales résistèrent cependant aux razzias de leurs voisins. Dans le Sud, les populations venues de l'Est (Bénin actuel et Nigeria) s'installèrent en vagues successives à partir du XVème siècle, à l'aube de l'arrivée des Portugais sur la côte.
Les Éwé s'établirent autour de Tado, près de Notsé, au siècle suivant. Leur roi, Agokoli, fit édifier une enceinte faite d'argile et de sang humain (un rite de fondation) pour protéger Notsé des réfugiés affluant du Nord.
- XVIIème siècle : Devenus trop nombreux, les Ewé se dispersèrent dans le Sud et dans l'Ouest.

L'époque coloniale

Le Togo faisait partie de la Côte-des-Esclaves, l'une des premières régions où les Européens pratiquèrent le "commerce honteux" d'êtres humains.
- XVIIème siècle : Quelques comptoirs furent établis dans la région mais l'essentiel de la traite des Noirs était pratiqué au Dahomey (actuel Bénin) et dans la Côte-de-l'Or (actuel Ghana) où le littoral présentait plus de facilités.
- 1884 : L'explorateur allemand Gustav Nachtigal signa un traité de protectorat avec le chef du lac Togo, et l'année suivante, au congrès de Berlin, durant lequel furent délimitées les zones d'influence économiques européennes en Afrique, la côte togolaise fut attribuée à l'Allemagne. Comme les autres puissances, l'Allemagne s'empressa de faire valoir ses droits le plus loin possible sur l'arrière-pays. Les Allemands fondèrent le port de Lomé et mirent en place une économie de plantations, notamment dans la région de Kpalimé, propice à la culture du cacao et du café.
- 1914 : Après l'éclatement de la Première Guerre mondiale, une opération conjointe franco-britannique força les Allemands, retranchés à Atakpamé, à capituler. 
- 1920 : La France et la Grande-Bretagne procédèrent au partage définitif du pays. Lomé et toute la région côtière, soit les deux tiers de la colonie allemande, devinrent le Togo français, tandis que la partie occidentale, plus petite, fut administrée par la Grande-Bretagne qui l'intégra à la Côte-de-l'Or. Deux ans plus tard, la Société des Nations confia un mandat aux puissances coloniales pour l'administration de leur territoire respectif. 
- 13 décembre 1946 :
 L'Organisation des Nations Unies (ONU) plaça ces mandats sous le régime international de la tutelle.
- 1956 : A l'issue d'une consultation référendaire, le Togo britannique fut incorporé à la Côte-de-l'Or, qui devint le Ghana au moment de son indépendance en 1957. Les Éwé avaient refusé ce choix qui consacrait la partition de leur territoire, lequel s'étendait avant la colonisation européenne de Notsé aux rives de la Volta. Cet éclatement devait par la suite nourrir des tensions périodiques entre Ghana et Togo.

Le Togo indépendant

- 1958 : Un nouveau référendum, organisé sous l'égide de l'ONU, permit au Togo français d'accéder à l'autonomie, en tant que république, au sein de la Communauté française. L'Union des forces du changement, qui militait pour une indépendance totale, dirigea le premier gouvernement autonome. Sylvanus Olympio, leader du parti, originaire du Sud, devint chef du gouvernement.
- Février 1960 : Olympio refusa l'offre du président ghanéen Kwame Nkrumah d'unir les deux pays.
- 27 avril 1960 : Le Togo devint indépendant et obtint un siège à l'ONU en septembre. 
- Janvier 1963 : Assassinat du président Olympio lors d'un putsch militaire. Nicolas Grunitzky fut chargé par l'armée de former un gouvernement provisoire et assuma les fonctions de président. Une nouvelle Constitution fut adoptée par référendum.
- Janvier 1967 : L'armée fut à l'origine d'un nouveau coup d'État et plaça le lieutenant-colonel Gnassingbe Eyadéma, chef des armées, un Nordiste kabyé, à la tête du gouvernement. La Constitution fut abrogée et le corps législatif dissous.
- Avril 1967 : Eyadéma endossa les fonctions de président et de ministre de la Défense. Le Rassemblement du peuple togolais (RPT), fondé en 1969, devint l'unique parti autorisé. Mais l'opposition, composée surtout de "Sudistes", anciens partisans d'Olympio, ne désarmait pas.
- 1986 : Un attentat manqué, organisé par un commando infiltré depuis le Ghana, déclencha de violentes manifestations à Lomé et une intervention de la France qui craignait une déstabilisation du régime.
- 1986 : Réélu pour un nouveau mandat de sept ans, Eyadéma céda à la pression populaire en 1991 et fut contraint de réunir une conférence nationale qui élut Joseph Kokou Koffigho au poste de Premier ministre et se prononça pour un régime semi-présidentiel. Les troupes restées fidèles au président Eyadéma, composées à 70 % de Kabyé, tentèrent à plusieurs reprises de renverser le nouveau régime, amenant le pays au bord de la guerre civile et d'un conflit avec le Ghana, accusé de protéger les opposants.
- Les premiers mois de l'année 1993 furent marqués par les exactions de l'armée à l'encontre de la population de Lomé, comptant de nombreux Éwé. Elles entraînèrent un exode massif vers le Ghana (où auraient trouvé refuge 100 000 personnes) et le Bénin (130 000 personnes). 
- Août 1993 : Eyadéma fut réélu avec 94,6 % des voix en raison du boycottage du scrutin par l'opposition. En revanche, celle-ci remporta les élections législatives de février 1994, et forma la majorité à l'Assemblée nationale. Les deux partis d'opposition (le CAR et l'UTD) nommèrent un Premier ministre.
- Avril 1994 : Eyadéma refusa de valider leur choix et confia le poste à Edem Kodjo, leader de l'UTD. Cette décision marqua la rupture entre le CAR et l'UTD ; Kodjo, ne disposant pas d'une majorité, forma un cabinet avec l'ancien parti unique qui s'attribua les principaux ministères (Défense, Affaires étrangères et Intérieur) s'assurant ainsi les fonctions essentielles au sein de l'administration. 
Doyen des dirigeants africains arrivés au pouvoir par un coup d'État, le général Eyadéma réussit à conforter sa position.
- 1996 : Les présidents ghanéens et sud-africains se rendent à Lomé où ils font étape au village natal du président : Pya. Les relations avec le Ghana de Jerry Rawlings se détendent, et le Togo établit des relations diplomatiques avec l'Afrique du Sud, lors de la visite de Nelson Mandela en mars 1996. La privatisation des filières du coton et des phosphates se poursuit.
- Octobre 1997 :
 Les élections législatives boycottées par l'opposition, ont donné au président une majorité absolue.

- Juin 1998 : Lors de l'élection présidentielle où le général Eyadéma a eu comme adversaire Gilchrist Olympio, fils de l'ancien président assassiné, il est reconduit avec 52,13 % des suffrages exprimés, mais le résultat a été contesté par l'opposition et mis en doute par les observateurs de l'Union européenne. Il en a été de même pour les élections législatives de mars 1999, boycottées par l'opposition, qui ont vu la victoire écrasante du parti présidentiel.
- 29 juillet 1999 : Les partis politiques soutenant le président du Togo, Gnassingbé Eyadéma, et ceux de l'opposition ont signé un accord pour mettre fin à la crise politique qui sévit depuis le début des années 1990. Les partis d'opposition avaient boycotté les législatives de mars 1999 en raison de la réélection contestée du président en juin 1998.
Le texte de l'accord prévoit notamment la création d'une commission électorale indépendante et d'un code de bonne conduite précisant devoirs et droits respectifs de l'opposition et de la majorité. Le président a annoncé qu'il dissoudrait l'Assemblée nationale et organiserait des élections législatives en mars 2000 pour que d'autres formations politiques puissent entrer au Parlement. Il s'est engagé à respecter la Constitution et à ne pas se présenter pour un troisième mandat
Le Président Gnassingbé Eyadéma