-
Néolithique
: Présence
humaine
attestée
par
des
peintures
rupestres.
Au
sud,
ses
habitants
vivent
de
la
pêche
et
de
l'agriculture
en
bordure
du
lac
Tchad,
dont
la
superficie
était
beaucoup
plus
étendue,
et
des
pasteurs
venus
de
l'est
se
sont
installés
dans
les
montagnes
de
l'Ennedi
et
du
Tibesti,
au
nord.
Les
vestiges
matériels
des
premiers
habitants
identifiés
sont
les
statuettes
funéraires
en
terre
cuite
attribuées
aux
Sao,
des
populations
noires
installées
sur
des
buttes
émergeant
des
terres
inondables
au
sud
du
lac
Tchad,
au
seuil
de
notre
ère.
L'empire
de
Kanem-Bornou
-
Vers
800
: Un
peuple
qui
serait
issu
du
métissage
des
populations
du
Sud
et
des
populations
du
Nord,
chassées
par
l'assèchement
du
Sahara,
fonde,
sur
la
bordure
nord-est
du
lac
Tchad,
le
royaume
du
Kanem.
Celui-ci
se
développe,
au
détriment
de
la
civilisation
Sao,
grâce
au
contrôle
du
commerce
saharien
vers
la
Méditerranée
et
au
trafic
d'esclaves,
capturés
dans
le
Sud
et
acheminés
vers
le
Fezzan
et
Tripoli.
-
XIème
siècle
: Ses
souverains
se
convertissent
à
l'Islam.
-
XIIIème
siècle
: ilsétendent
leur
domination
jusqu'au
Bornou
(dans
l'actuel
Nigeria),
au
Fezzan
et
au
Ouaddaï,
en
direction
du
Nil.
-
XIVème
siècle
: L'empire
de
Kanem-Bornou
est
affaibli
par
les
raids
des
nomades
boulala
venus
de
l'est,
qui
contraignent
son
souverain
à
se
réfugier
au
Bornou,
en
1380.
-
XVIème
siècle
:
Le
royaume
de
Bornou
reconquiert
le
Kanem.
-
A
partir
du
XVIIème
siècle
: De
nouvelles
puissances
émergent.
Le
royaume
du
Bornou
doit
céder
ses
parties
périphériques
aux
Touareg
(nord-ouest).
Son
déclin
favorise
l'émergence
au
nord-est
de
trois
sultanats
musulmans
esclavagistes
:
le
Baguirmi,
le
Ouaddaï
et
le
Darfour.
La
conquête
française
-
Début
du
XXème
siècle
: Le
marchand
d'esclaves
Rabah
Zobeir,
un
Soudanais
arabisé,
qui
a
conquis
le
Borkou
et
le
Baguirmi,
se
heurte
aux
troupes
françaises
du
commandant
Lamy.
Les
explorations
se
sont
multipliées
dans
le
bassin
du
Tchad
tout
au
long
du
XIXème
siècle.
-
1890
: Le
lac
Tchad
est
découpé
en
trois
zones
-
britannique,
allemande
et
française.
-
1900
: Lamy
et
Rabah
trouvent
tous
deux
la
mort
durant
la
bataille
de
Kousséri,
qui
marque
le
début
de
la
conquête
du
territoire
par
l'armée
française
et
la
fin
de
l'indépendance
africaine
dans
cette
partie
du
Sahel.
La
population
du
Ouaddaï
résiste
jusqu'en
1909
tandis
que
le
Nord
(Borkou,
Ennedi
et
Tibesti)
reste
sous
administration
militaire
française
jusqu'en
1965.
En
revanche,
les
populations
du
Sud,
pays
des
esclaves
(Dar
el-abid)
pour
les
trafiquants
islamisés
du
Nord,
accueillent
assez
favorablement
la
présence
française,
qui
les
protège
des
rezzous.
-
1910
: Le
Tchad
est
rattaché
à
l'Afrique-Équatoriale
Française
avant
de
devenir,
dix
ans
plus
tard,
une
colonie.
L'administration
coloniale
française
privilégie
la
mise
en
valeur
du
Sud
fertile,
où
se
développe
la
culture
du
coton.
-
1935
: Le
président
du
Conseil
français,
Pierre
Laval,
signe
avec
le
dictateur
italien
Benito
Mussolini
un
accord
prévoyant
la
cession
de
la
bande
d'Aozou
à
l'Italie,
alors
présente
en
Libye.
L'accord
n'est
jamais
ratifié
en
raison
de
l'alliance
entre
Mussolini
et
Hitler,
mais
il
sert
de
prétexte
au
colonel
Kadhafi,
le
dirigeant
libyen,
pour
occuper
ce
territoire.
Première
colonie
française
ralliée
à
la
France
libre
en
1940
par
le
gouverneur
Félix
Éboué,
le
Tchad
est
utilisé
comme
base
militaire
pour
la
reconquête
de
l'Afrique
du
Nord
à
partir
du
Fezzan
(bataille
de
Koufra,
1942).
|
|
|
|
Danse
de
jeunes
filles
dangaleat,
près
de
Mongo. |
L'indépendance
et
la
guerre
-
1946
: Fondation
du
Parti
progressiste
tchadien
(PPT),
affilié
au
Rassemblement
démocratique
africain,
fondé
par
Félix
Houphouët-Boigny,
et
implanté
dans
le
Sud.
Il
est
dirigé
par
un
administrateur
d'origine
antillaise,
Gabriel
Lisette,
et
un
instituteur
tchadien,
François
Tombalbaye.
Le
PPT
remporte,
en
1956,
les
premières
élections
au
suffrage
universel,
organisées
dans
le
cadre
de
la
loi
Defferre,
renforçant
l'autonomie
locale.
-
1959
: Un
an
après
que
le
Tchad
soit
devenu
une
république
au
sein
de
la
Communauté
française,
Tombalbaye
devient
Premier
ministre.
L'année
suivante,
le
Tchad
accède
à
l'indépendance
sous
la
présidence
du
dirigeant
du
PPT.
L'indépendance
ravive
la
rivalité
séculaire
entre
le
Sud,
dominé
jusqu'à
la
colonisation
française,
et
le
"Nord"
(Borkou,
Ennedi,
Tibesti,
ou
BET),
ancien
dominateur,
où
l'administration
militaire
n'a
jamais
cessé
de
s'exercer
durant
toute
l'époque
coloniale.
Tombalbaye
mène
une
politique
de
marginalisation
des
populations
musulmanes
nordistes
et,
en
1962,
supprime
les
partis
politiques,
le
PPT
étant
seul
autorisé.
-
1966
: Un
Front
de
libération
nationale
du
Tchad
(Frolinat)
voit
le
jour
au Soudan.
Il
rassemble
des
musulmans
du
nord
et
du
centre-est,
mais
également
des
opposants
de
toutes
origines,
fortement
influencés
par
le
nassérisme.
Le
Frolinat
est
soutenu
par
le
Soudan.
-
Avril
1969
: L'armée
française
intervient
contre
la
rébellion
et
indirectement
contre
la Libye,
dont
le
nouveau
dirigeant,
le
colonel
Kadhafi,
apporte
son
appui
logistique
au
Frolinat
et
revendique
des
droits
sur
la
bande
d'Aozou.
Un
temps
réduit,
le
Frolinat
éclate
en
plusieurs
mouvements.
Les
Toubou
font
sécession
et
forment
une
"deuxième
armée",
au
sein
de
laquelle
les
Forces
armées
populaires
(FAP)
commandées
par
Goukouni
Oueddeï,
un
Teda,
sont
appuyées
par
la Libye,
et
les
Forces
armées
du
Nord
(FAN)
dirigées
par
Hissène
Habré,
un
Gorane,
sont
soutenues
par
le Soudan.
-
1973
:
La
Libye annexe
la
bande
d'Aozou.
L'année
suivante,
les
partisans
d'Hissène
Habré
prennent
en
otage
l'archéologue
française
Françoise
Claustre
-
1975
: tandis
que
la
rébellion
nordiste
poursuit
ses
actions,
un
coup
d'État
à
N'Djamena
porte
au
pouvoir
le
général
Félix
Malloum,
un
autre
sudiste.
Le
nouveau
dirigeant
parvient
à
rallier
Hissène
Habré
qu'il
nomme
Premier
ministre
en
1978.
-
1979
:
Rupture
de
l'alliance.
Des
combats
opposent
l'armée
gouvernementale
(Forces
armées
tchadiennes,
FAT)
aux
forces
d'Hissène
Habré,
qui
s'emparent
de
N'Djamena.
En
mars,
la
guerre
a
gagné
le
Sud.
Sous
la
pression
de
la
France,
des
accords
sont
conclus
à
Kano,
au
Nigeria.
Ils
instituent
un
gouvernement
d'union
nationale
de
transition
(GUNT)
comprenant
notamment
des
représentants
des
FAP,
des
FAN
et
des
FAT
et
dirigé
par
Goukouni
Oueddeï.
Mais
le
lieutenant-colonel
Abdelkader
Kamougué,
chef
des
FAT
installé
à
Moundou,
refuse
de
le
reconnaître.
Un
second
GUNT
est
alors
formé,
dans
lequel
Kamougué
est
nommé
Premier
ministre.
Guerre
entre
nordistes
La
Libye,
tenue
à
l'écart
des
accords
de
Kano
et
de
Lagos,
attaque
le
nord
du
pays.
-
1980
: Hissène
Habré,
qui
reproche
à
Goukouni
Oueddeï
ses
liens
avec
l'agresseur,
se
retire
du
GUNT.
Ses
FAN,
qu'ont
ralliées
une
partie
des
FAT,
s'emparent
de
plusieurs
quartiers
de
N'Djamena.
-
1981
: Après
que
Goukouni
Oueddeï
ait
annoncé
la
fusion
de
son
pays
avec
la
Libye,
une
force
d'interposition
est
constituée
au
sommet
panafricain
de
Nairobi
et
intervient
avec
l'appui
de
la
France.
-
1982
: Hissène
Habré
est
reconnu
chef
de
l'État
tchadien.
Goukouni
Oueddeï
forme
un
gouvernement
rival
dans
le
Nord,
que
les
Libyens
occupent
toujours
en
partie.
-
1987
: Habré
ne
reprend
le
contrôle
du
BET
(Borbou,
Ennedi
et
Tibesti)
qu'avec
l'aide
de
la
France.
Vers
la
démocratisation
-
1989
:
Un
complot
contre
Hissène
Habré
est
déjoué.
L'un
de
ses
instigateurs,
Idriss
Déby,
est
le
conseiller
militaire
du
chef
de
l'État.
Réfugié
en
Libye,
il
forme
un
Mouvement
patriotique
du
salut.
Ses
troupes
parviennent,
après
un
an
de
harcèlement,
à
chasser
Habré
du
pouvoir,
sans
que
la
France
intervienne.
Déby
perpétue
le
régime
de
parti
unique
et
la
domination
d'une
minorité,
les
Zaghawa,
sur
le
reste
de
la
population.
-
Février
1992
: Alors
que
les
partisans
d'Hissène
Habré
affrontent
l'armée
nationale
dans
la
région
du
lac
Tchad,
des
émeutes
éclatent
dans
le
Sud
après
l'assassinat
du
vice-président
de
la
Ligue
tchadienne
des
droits
de
l'Homme.
Déby,
pour
ramener
l'ordre,
nomme
un
Premier
ministre
sudiste
et
autorise
les
partis
d'opposition.
-
1993
: Une
conférence
nationale
institue
un
Conseil
supérieur
de
transition
(CST)
pour
une
période
d'un
an.
Le
CST
est
reconduit
par
deux
fois.
Déby
maintient
ses
prérogatives,
écartant
successivement
deux
Premiers
ministres,
dont
Nouradine
Kassiré
Coumakoye,
démissionnaire
en
avril
1995
et
candidat
déclaré
à
l'élection
présidentielle
de
juin
1996,
qui
est
emprisonné
pour
détention
d'armes.
-
Juillet
1996
: Les
premières
élections
démocratiques
se
déroulent
dans
un
pays
toujours
en
proie
à
la
guérilla
et
dans
un
climat
de
suspicion
générale.
Idriss
Déby
est
élu
à
la
présidence
et
son
parti,
le
Mouvement
patriotique
du
salut,
remporte
également
les
élections
législatives
du
début
de
l'année
1997.
Son
adversaire,
le
général
Kamougué,
devient
président
de
l'Assemblée
nationale.
Le
climat
politique
d'entente
nationale
se
dégrade
à
la
fin
de
l'année
avec
l'enlèvement
de
Français
dans
le
Sud
par
les
Forces
armées
pour
la
république
fédérale
(FARF)
qui
entendent
protester
contre
la
mainmise
des
hommes
du
Nord
sur
les
institutions
et
la
prochaine
exploitation
des
gisements
pétroliers
sur
leur
territoire.
-
Mai
1998
: Des
rebelles
du
Sud
déposent
les
armes
et
un
rapprochement
spectaculaire
est
amorcé
avec
la
Libye.
Cette
détente
dans
les
relations
est
notamment
marquée
par
la
visite
du
colonel
Kadhafi
à
N'Djamena
en
mars
1998.
Cette
même
année,
le
Tchad
s'engage
dans
le
conflit
du
Kivu,
en
Afrique
centrale,
aux
côtés
du
gouvernement
de
Laurent-Désiré
Kabila
en
envoyant
un
fort
contingent
pour
s'opposer
au
mouvement
rebelle.
Toutefois,
les
lourdes
pertes
subies
par
les
Tchadiens
les
incitent
à
amorcer
une
retraite.
-
Mars
1999
: Alors
que
les
rumeurs
sur
la
maladie
du
chef
de
l'État
se
confirment,
un
nouveau
mouvement
de
rébellion
éclate
dans
le
nord
du
pays,
sous
la
direction
de
Youssouf
Togoïmi,
chef
du
Mouvement
pour
la
démocratie
et
la
justice
au
Tchad
(MDJT),
soutenu
par
Goukouni
Oueddeï,
et,
pense-t-on,
également
par
Hissène
Habré.
|
|
|