Histoire du Swaziland

Au Swaziland oriental les archéologues ont découvert des restes humains remontant à 110 000 ans, mais les Swazi sont arrivés relativement récemment.
Pendant la grande migration bantou vers l'Afrique méridionale, une tribu Nguni, descendant la côte est, s'est établie autour de l'actuelle Maputo au Mozambique. Par la suite, les Dlamini y ont fondé une dynastie, mais, au milieu du XVIIIème siècle, la pression des autres tribus a forcé le roi des Dlamini, Ngwane III, à mener vers le sud son peuple, vers ce qui est maintenant le Swaziland méridional, à proximité de la rivière Pongola. Les Swazi considèrent Ngwane III comme ayant été leur premier roi.

Sous la pression des Zoulou, le roi suivant, Sobhuza I, se retira dans la vallée d'Ezulwini, qui demeure le centre de la puissance des Swazi aujourd'hui.
Le Roi Mswazi, qui monta sur le trône après, était un excellent guerrier et diplomate qui sut assurer la sécurité pour son peuple.

Les Zoulou se heurtèrent fréquemment aux Anglais et aux Boers, ce qui eut pour effet de soulager la pression mise sur le Swazi, tout en créant d'autres problèmes.
Le Swaziland attira de grands chasseurs blancs, des commerçants, missionnaires et fermiers à la recherche de pâturage pour nourrir le bétail.
Le royaume fut morcelé en concessions accordées aux Européens, et, en 1877 les Anglais décidèrent d'administrer le pays. La convention du Swaziland de 1881 garantit dans la théorie l'indépendance de la nation. Dans la pratique le Anglais et le Boers étaient à la recherche de leurs propres intérêts. Le Swaziland rejoignit donc la longue liste des pays administrés par Londres.

Pendant le XXème siècle, la propriété terrienne se développa, menaçant la viabilité de la culture Swazi (le roi étant supposé être garant de l'intégrité de ses sujets). Une grande partie des terres du royaume étant dans des mains étrangères, le Roi Labotsibeni encouragea le Swazi à racheter
des terres, et beaucoup émigrèrent en Afrique du Sud pour gagner par le travail dans les mines l'argent nécessaire à ces rachats. 
A l'indépendance, en 1968, près des deux-tiers du royaume étaient revenus sous le contrôle des
Swazi.

Le Swaziland a hérité d'une constitution en grande partie due aux Anglais ; cette dernière fut suspendue par le roi Sobhuza II en 1973 parce qu'elle ne reflétait pas la culture des Swazi. Quatre ans plus tard, une nouvelle constitution investit le roi de tous les pouvoirs.
En 1986, le nouveau roi, Mswati, décida de faire perdurer les traditions.

Les parties d'opposition demeurent illégaux, et en 1995 l'Assemblée nationale et les maisons du ministre et du vice-président de l'université du Swaziland furent brûlées lors d'émeutes occasionnées par les étudiants.
En 1997 les responsables du Mozambique et de l'Afrique du Sud menèrent des discussions avec le roi dans la perspective de faciliter la démocratisation du Swaziland.

Les syndicats ont organisé des grèves qui eurent pour conséquence l'interdictions des réunions syndicales, conduisant à une très forte opposition des forces pro-démocratie.

La constitution en vigueur interdit les partis politiques.
Le 18 août 2004, le Roi Mswati III annonçait que le pays allait changer de constitution. Les organisations de défense des droits de l'Homme et les groupes d'opposition dénoncèrent le projet proposé de constitution, puisqu'elle continuait à interdire les partis politiques et renforçait les pouvoirs du Roi. En dépit des résistances des groupes d'opposition, la nouvelle constitution du Swaziland fut ratifiée par le Roi le 26 juillet 2005 et est entrée en vigueur le 8 février 2006. Le pays demeure une monarchie absolue. Les partis politiques ne sont perçus que comme des « associations » et la Cour suprême ne peut juger d'affaires pouvant impliquer la monarchie.