Saint-Louis du Sénégal

A l'embouchure du fleuve Sénégal, Saint-Louis fut, au XVIIe siècle, la première ville française d'Afrique. Sous la direction de Louis Caullier, qui défend les intérêts de la Compagnie normande, une poignée d'hommes occupent un vague fortin et quelques cabanes au milieu de la rivière. Ils sont isolés, décimés par la maladie. Mais ils tiennent bon. En quelques années, la ville, base militaire et tête de pont commerciale, se développe et s'enrichit. Sa prospérité atteind son apogée au milieu du XIXe siècle, avec l'arrivée de Faidherbe, en 1854, à la fois soldat énergique, fin politique et grand bâtisseur. Capitale de l'Afrique occidentale française de 1895 à 1902, Saint-Louis perdra peu à peu de son influence face à Dakar, jusqu'à tomber en totale léthargie.
Depuis quelques années, la ville, jumelée avec Lille depuis 1956, retrouve sa bonne mine d'antan, grâce à un sursaut économique, mais aussi touristique et culturel, de toute la région. Elle ne représente encore que 4,9 % de la capacité d'hébergement du pays. Mais on chuchote que d'importants investissements hôteliers sont en cours. Et, depuis février 2001, la ville est reconnue et classée à l'Unesco.
Bien sûr, Saint-Louis est emplie du charme des cités bâties sur une île. Mais elle ajoute des atouts plus personnels à cette situation privilégiée : des maisons à balcon en fer forgé, à véranda et à arcades, érigées aux XVIIIe et XIXe siècles, et restaurées une à une. Des courses de pirogues particulièrement spectaculaires, avec un public enthousiaste massé sur le pont Faidherbe. Des jardins enfouis sous les fleurs. Des calèches à clochettes qui enfoncent le clou romantique de la cité. Des femmes célèbres pour leur beauté, qui se drapent de la tête aux pieds dans des mousselines artistiquement imprimées.

La belle endormie se réveille, jusque dans ses rues étroites qui se rencontrent à angle droit. Elle demeure trop ignorée des voyageurs, même si Bernard Giraudeau y tourna certaines scènes des Caprices du fleuve, et Bertrand Tavernier de Coup de torchon. Son petit lever est celui d'une reine, trois fois centenaire. Il ne faut pas hésiter à lui consacrer trois jours de découverte. A l'écart du sable blanc aseptisé et des cocotiers, Saint-Louis démontre qu'au Sénégal il y a aussi une vie après la plage.

 

Photos disponibles en HD : Jean-Louis Delbende @ 2012