Les Masques au Sénégal

Dans les sociétés traditionnelles, les masques sont essentiellement exhibés lors des rites funéraires, initiatiques et agraires.
En général, ce sont les hommes qui les portent. Ils ne doivent en aucun cas être reconnus ou découverts sous peine de lourdes conséquences, tels que le risque de possession.
Les masques ont pour objet de rappeler des évènements marquants à l'origine de l'organisation du monde et de la société. 
Les cérémonies masquées mettent en scène de véritables cosmogonies célébrant l'espace et le temps.
Lors des danses d'initiation, les masques rappellent le sens du rituel : l'adolescent meurt pour laisser place à l'homme.  Les masques sont des êtres censés protéger leur porteur. Ils sont perçus comme les réceptacles de la force vitale d'un être humain ou d'un animal au moment de sa mort. Le danseur porteur du masque peut incarner ainsi une autre entité qu'elle soit surnaturelle ou animale. 
 Masque Diola
C'est pour cette raison que les masques mêlent souvent les traits de l'homme à celui d'un animal, à travers des visages composites, reflets de plusieurs espèces.
Souvent sont représentés des faciès d'animaux familiers ou inquiétants qui ont été acteurs dans la création du monde ou dans l'initiation.
Les masques capturent la force des génies et les représentent, mais ne remplacent pas les esprits eux-mêmes. Ce sont des accessoires de danse qui réunissent les forces vitales de l'homme et celles du génie.   Au Sénégal, les masques en bois ne sont pratiquement pas utilisés lors des cérémonies. Cependant, certains groupes ethniques arborent des masques en fibres végétales tels que les Diola qui les utilisent lors d'une cérémonie d'initiation appelée le Bukut. Ce rituel a lieu tous les 20 à 25 ans, le temps pour une classe d'âge d'être mûre pour accéder à la connaissance et à la vie en société.
Lors des préparatifs de la cérémonie qui ont lieu plusieurs mois à l'avance, les initiés réalisent différents masques avec l'aide des anciens.
 Ainsi, certains masques appelés ejumbi sont fabriqués avec des joncs tissés et ornés de cornes de bétail. Certains initiés revenant de la forêt sacrée les portent ainsi que les jeunes possédant des dons de voyance.
D'autres masques peuvent être abstraits tels que le gatambol qui est fabriqué en fibres végétales et d'autres peuvent être plus figuratifs tel que le fulundium qui est orné de tissus incrustés de miroirs, de perles et de cauris. 

Texte : Blandine Leguichaoua