-
Premiers siècles
de notre ère
:
Le Mozambique
est occupé
sur les plateaux
par des peuples
bantou. Les navigateurs
indiens et arabes
ouvrent de nombreux
comptoirs sur
la côte
est de l'Afrique.
- VIIIème
siècle
: Les Arabes
développent
le comptoir de
Sofala, au sud
du Zambèze,
d'où sont
exportés
l'or, le fer et
le cuivre du royaume
du Zimbabwe.
- 1498 : Le
Portugais Vasco
de Gama reconnait
les côtes
lors d'une expédition.
Les Noirs vivent
dans des cités-États
administrées
par les Arabes,
comme Quelimane
et Catembe (la
future Maputo).
Une colonisation
brutale
- XVIème
siècle
: Les premiers
colons portugais
s'établissent
dans ces comptoirs
musulmans, puis
ils explorent
l'intérieur
des terres, remontant
le Zambèze
jusqu'au royaume
de Monomotapa.
Ils pratiquent
le commerce des
esclaves. Mais
le pays attire
peu les Européens.
- Fin du XVIIIème
siècle
: Une campagne
de colonisation
est lancée
par le pouvoir
portugais. Il
s'agit d'attirer
des colons en
leur offrant des
concessions. Ce
système
de prazo (propriété)
échoue.
- XXème
siècle
: L'administration
portugaise est
de type autocratique,
en particulier
sous le régime
dictatorial d'António
Salazar. La vie
des Africains
est terriblement
affectée
par les travaux
forcés
et les mauvais
traitements.
- 1951 : Le
Mozambique devient
une province portugaise
d'outre-mer.
Vers l'indépendance
- 1964 :
Le Front de libération
du Mozambique
(Frelimo), d'obédience
marxiste-léniniste,
soutenu militairement
par la Chine et
l'Union soviétique,
lance ses premières
offensives contre
le colonisateur
portugais dans
le Nord et les
grands centres
du pays. Cette
guérilla,
menée à
partir de la Tanzanie,
prend fin en 1974
avec la révolution
des Oillets au
Portugal. Le dirigeant
du Frelimo, Samora
Moises Machel,
négocie
avec le nouveau
gouvernement établi
à Lisbonne.
- 25 juin 1975
: L'indépendance
du pays est effective.
En quelques jours,
250 000Européens
quittent le Mozambique.
Le Frelimo, qui
bénéficie
alors d'une forte
légitimité
au sein de la
population mozambicaine,
devient le parti
unique. Samora
Machel met en
place un régime
socialiste, nationalisant
les industries
et le secteur
agricole. Le Mozambique
devient l'un des
plus fermes soutiens
des nationalistes
sud-africains
et rhodésiens,
en lutte contre
la domination
blanche et le
régime
ségrégationniste.
Les frontières
avec la Rhodésie
(actuel Zimbabwe)
sont fermées.
La guerre civile
Le gouvernement
rhodésien
favorise la création
d'un mouvement
d'opposition armée
anticommuniste,
la Résistance
nationale du Mozambique
(Renamo), qui
reçoit
ensuite le soutien
du régime
sud-africain et,
plus indirectement,
des États-Unis.
Le Mozambique
est devenu l'un
des champs de
bataille de la
guerre froide.
La Renamo sait
utiliser à
son profit le
mécontentement
populaire suscité
par les mesures
de collectivisation
pour recruter
des combattants.
La guerre civile
s'amplifie, malgré
le pacte de non-agression,
conclu, en 1984,
à Nkomati,
entre l'Afrique
du Sud et le Frelimo,
et reconduit en
1987. Le conflit
provoque l'effondrement
des secteurs de
l'éducation
et de la santé
et la paralysie
de la production
agricole.
- Octobre 1986
: Samora Machel
meurt dans un
accident d'avion,
imputé
aux services secrets
sud-africains.
Joaquim Chissano,
alors ministre
des Affaires étrangères,
prend sa succession.
L'Afrique du Sud,
la Zambie et la
Tanzanie déploient
des troupes afin
d'assurer la protection
des centres vitaux.
- 1989 :
Après que
le Frelimo ait
annoncé
qu'il renonce
au marxisme-léninisme,
le président
Chissano fait
adopter une Constitution
pluraliste et
des négociations
entre les parties
en conflit débutent,
à Rome,
sous l'égide
du Kenya et du
Zimbabwe.
- 1990 :
La guerre a fait
près de
1million de morts,
1,3 million de
réfugiés
et 2 millions
de personnes déplacées
à l'intérieur
du pays. Le Mozambique
est épuisé,
le Frelimo a perdu
l'ancien allié
soviétique
et la Renamo est
peu à peu
lâchée
par l'Afrique
du Sud.
- 1991 :
L'année
est marquée
par une importante
famine.
- Octobre 1992
: Chissano
signe un accord
de paix avec le
chef de la Renamo,
Alfonso Dhlakama.
Lorsque le cessez-le-feu
entre en vigueur,
la Renamo contrôle
environ 20 % du
territoire.
- Décembre
1992 : L'Organisation
des Nations Unies
(ONU) déploit
ses forces du
maintien de la
paix.
- Août
1993 : L'ONU
lance un programme
de rapatriement
pour les réfugiés,
qui s'achève
en mai 1995 (1
700 000réfugiés
ont été
rapatriés
au Mozambique).
Démocratisation
et reconstruction
- 1994 : Après
quinze ans de
guerre, des élections
libres peuvent
enfin être
organisées.
Le nouveau gouvernement,
dirigé
par Pascoal Mocumbi,
a entrepris de
reconstruire le
pays. Il faut
rétablir
la production
alimentaire, réintégrer
dans la société
les anciens combattants
et obtenir la
restitution des
armes en circulation,
éliminer
le banditisme.
L'attention est
surtout portée
sur les dizaines
de milliers d'enfants
que le conflit
a laissés
pour compte, orphelins,
mutilés,
n'ayant droit
ni aux soins ni
à l'éducation.
Durant le conflit,
la Renamo a enrôlé
systématiquement
des enfants, enlevés
dans leurs villages
et soumis à
des entraînements
brutaux. Selon
les études
menées
depuis, dans le
Sud du pays, les
enfants-soldats,
âgés
de onze ans en
moyenne, représentaient
jusqu'aux deux
tiers de certaines
unités
combattantes.
- Mars 1995 :
Les institutions
financières
internationales
accordent au Mozambique
un prêt
pour mettre en
place les réformes
économiques
et réduire
la pauvreté.
Le plan, étalé
sur cinq ans,
devrait comprendre
notamment la construction
d'hôpitaux
et la scolarisation
de 86 % des enfants
d'âge scolaire
d'ici l'an 2000.
- Juillet 1996
: Après
son entrée
dans la Communauté
des pays de langue
portugaise , le
Mozambique tente
de régler
les séquelles
de la guerre et
de ses alliances.
Le banditisme
est demeuré
un problème
majeur. Les anciens
combattants n'ont
pas tous rendu
leurs armes, et
sur un million
d'armes légères
en circulation
dans le pays,
seules 200 000
auraient été
remises aux autorités.
Les tensions entre
le Frelimo au
pouvoir et la
Renamo sont toujours
très fortes.
L'économie
du pays a tout
juste retrouvé
le niveau de 1981
: le taux de chômage
est proche de
40 %, l'inflation
a atteint 22 %
en 1996 et la
dette extérieure
a absorbé
35 % du montant
des exportations.
Néanmoins,
la Banque mondiale
et le FMI se sont
engagés
dans un plan d'aide
de trois ans,
tandis que le
Mozambique a obtenu
une remise de
80 % de la dette
par le Club de
Paris. Les responsables
attendent beaucoup
de l'essor économique
des pays voisins,
dont le Mozambique
est le débouché
privilégié
pour leurs exportations.
Le "couloir
de Maputo"
qui relie la capitale
et sa vaste baie
aux régions
industrielles
sud-africaines
est, en fait,
le principal poumon
du pays, en même
temps que du Botswana,
du Lesotho et
du Swaziland.
- 1998 :
Les relations
entre le président
Chissano et le
chef de la Renamo
se sont tendues
à l'occasion
des élections
municipales qui
ont été
boycottées
par l'opposition.
- Février
2000 : Le
sud du Mozambique
a été
touché
par des inondations
catastrophiques.
Les pluies ininterrompues
depuis le début
du mois ont été
aggravées
par un mini-cyclone.
Elles ont provoqué
la crue du fleuve
Save puis, à
partir du 27 février,
celle du Limpopo.
Chokwe, ville
de 40 000 habitants,
et Xai-Xai, située
à l'embouchure
du Limpopo, ont
été
particulièrement
touchées.
Le nombre de morts
est officiellement
de 200, alors
que près
d'un million de
personnes seraient
sans abri. Les
secours sont entravés
par l'étendue
des eaux et l'insuffisance
des moyens. L'aide
internationale
a toutefois commencé
à s'organiser
au début
du mois de mars.
Les premières
estimations du
gouvernement évaluent
à 65 millions
de dollars le
coût de
la reconstruction
du pays. Le président
du Mozambique,
Joaquim Chissano,
a demandé
une annulation
de la dette extérieure
du pays.