Histoire du Mali

Le Mali des grands empires 

Vème millénaire avant J.C. :
 Présence humaine révélée par de nombreux vestiges néolithiques dans l'adrar des Iforas.
- IIIème millénaire : Les migrations des populations sahariennes vers la vallée du Niger débutent alors que le climat se fait plus aride.
- A l'aube de notre ère : Le delta intérieur du fleuve est déjà au cour des échanges entre la savane et le désert. Les premières cités s'y développent, telle Djenné

Le commerce transsaharien du sel et de l'or fonde la prospérité de l'empire du Ghana, érigé par les Sarakolé, vers le Vème siècle après J.C., dans cette région du Soudan occidental, entre les fleuves Niger et Sénégal.

- 1076 : L'empire succombe sous les coups des Almoravides berbères, qui ont entrepris l'islamisation de l'Afrique occidentale. C'est à cette époque que les pasteurs bambara s'établissent dans la région tandis que les Sarakolé animistes sont refoulés vers le sud. Les Songhaï, venus de l'est, fondent un empire dont la capitale est Gao.


Ibn Battuta

- XIIIème siècle : L'empire Songhaï est absorbé par l'empire du Mali, qui contrôle les gisements aurifères du Haut-Sénégal-Niger et qui, à son apogée, sous le règne de Kankan Moussa, étend son influence sur toute la savane de l'Ouest africain, jusqu'à l'Atlantique. DjennéGao, mais surtout Tombouctou deviennent de grands centres commerciaux, artistiques et intellectuels de l'islam soudano-malien.

- XVème siècle : Leur rayonnement s'accroît encore après que l'empire du Mali se soit effacé au profit de l'empire Songhaï. Les armées de Sonni Ali puis d'Askia Mohammed diffusent l'islam à travers la savane. Au maximum de son extension, l'empire Songhaï couvre la plus grande partie du Mali moderne, englobe à l'ouest des territoires de l'actuelle Guinée et s'étend à l'est jusqu'à Kano, au nord du Nigeria.

- 1591 : L'empire est presque totalement détruit par une invasion marocaine.

- XVIIème et XVIIIème siècles : Le territoire malien est morcelé en plusieurs petits États dont celui fondé à Ségou par les Bambara. Ces derniers, comme les Dogon, ont résisté à l'islamisation.

L'esclavage se répand avec l'extension de l'islam.

Traite négrière

Seconde moitié du XIXème siècle : Les Bambara sont la cible de la guerre sainte menée par le chef musulman El-Hadj Oumar Tall (1797-1864), fondateur d'un empire toucouleur, s'étendant de Tombouctou jusqu'aux sources du Niger et du Sénégal.

- 1864 : Les troupes d'El-Hadj Oumar Tall sont défaites par les Français dirigés par Louis Faidherbe à Bandiagara.

La colonisation

 - A partir de 1880 : La conquête française de la région est le fait de 
Capture de Samory Touré par les Français en  1898
Joseph Gallieni qui mène des combats meurtriers contre les troupes de Samory Touré, chef de guerre dioula et fondateur d'un empire théocratique dans le Haut-Niger, et contre les Toucouleurs, qui résistent au nord.
- 1898 : La conquête est achevée. Le Mali, une partie de la Mauritanie, du Burkina Faso et du Niger actuels sont intégrés à l'Afrique-Occidentale française.
- 1904 :
 Ces territoires forment la colonie du Haut-Sénégal-Niger, dont la capitale est Bamako.
- 1920 : Elle devient le Soudan français après que la Haute-Volta (aujourd'hui Burkina Faso) en ait été détachée.
La colonie fit l'objet d'une politique de valorisation économique, qui s'accompagna du recours au travail et à la conscription forcée. Toute activité politique est, en revanche, interdite aux colonisés jusqu'aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale.
- 1946 : A Bamako est constitué le Rassemblement Démocratique Africain (R.D.A.), qui mène la lutte pour l'indépendance de l'Afrique occidentale. Sa section malienne, l'Union Soudanaise, est dirigée par Modibo Keita. 

Modibo Keita, premier président du Mali indépendant (1960-1968)

- 1956 : Le Soudan français accède à l'autonomie interne.
- 1958 : 
Le Soudan français devient une république au sein de la Communauté française.
- 17 janvier 1959 : 
Cette république se joint au Sénégal pour former la fédération du Mali.
- 20 juin 1960 :
 La Fédération du Mali se proclame indépendante.

- Septembre 1960 : La Fédération éclate, en partie à cause de la rivalité entre Léopold Sédar Senghor et Modibo Keita, deux figures du nationalisme africain.
L'ancien Soudan français conserve le nom prestigieux de Mali et Keita demeure président de la nouvelle république du Mali, proclamée le 22 septembre 1960.
Le même mois, le nouvel État devient membre de l'Organisation des Nations Unies.

Le Mali, sous la direction de Keita, qui fonde son pouvoir sur l'US-RDA, seul parti représenté à l'Assemblée, poursuit une politique de développement économique guidée par les principes du socialisme étatiste.

La dictature de Moussa Traoré
- Novembre 1968 : L'échec de cette politique provoque un coup d'État militaire qui porte au pouvoir le lieutenant Moussa Traoré. Celui-ci interdit tout groupement politique.


Moussa Traoré
- 1979 : Moussa Traoré crée un parti unique, l'Union Démocratique du Peuple Malien (UDPM). Ce régime dictatorial se révèle incapable de faire progresser l'économie de façon appréciable.
De 1968 à 1974, puis de 1983 à 1985 :
 Des sécheresses persistantes entraînent des famines, tandis que l'État épuise ses maigres ressources dans un différend avec le Burkina Faso.
Le contentieux territorial, portant sur la bande d'Agacher, s'aggrave jusqu'à provoquer un affrontement armé entre les deux pays, en 1985. Il fut réglé, en 1986, par la Cour internationale de justice.
Cette même année est marquée par d'importantes grèves étudiantes et syndicales. Au mécontentement causé par la crise économique, à l'impopularité des plans d'ajustements structurels mis en ouvre à partir de 1981, s'ajoute l'aspiration démocratique, qui se traduit, en 1990, par la formation de trois mouvements politiques d'opposition.
Dans le même temps, la rébellion armée des Touareg reprend avec vigueur au nord.


Amadou Toumany Touré

- Mars 1991 : La répression brutale des Touareg par l'armée contribue au renversement de Moussa Traoré après plusieurs mois d'émeutes dans le pays.

Le retour à la démocratie

Les libertés publiques sont rétablies par un Comité transitoire pour le salut du peuple, dirigé par le lieutenant-colonel Amadou Toumany Touré et sous l'égide duquel sont organisées les premières élections libres du Mali indépendant.

- Février 1993 : Moussa Traoré, au terme d'un procès exemplaire, est condamné à mort. Le nouveau régime, présidé par Alpha Oumar Konaré, manifeste sa volonté de résoudre le conflit touareg, mais aussi la crise sociale, par la négociation.
Ses efforts pour renforcer la démocratie demeurent cependant menacés par la persistance des difficultés économiques.
- Mai 1997 :
 Konaré est réélu avec 80 % des suffrages exprimés (l'opposition a appelé au boycott). 
Alpha Oumar Konaré (1992-2002)

Avec un budget plus ou moins en équilibre, et la bonne image que présente son président qui affiche un train de vie modeste, le Mali est souvent cité comme un pays de "bonne gouvernance". Conformément à la Constitution, le président Konaré, qui terminera son second mandat en 2002, entend ne pas s'accrocher au pouvoir.
- Mai 2002 :
 Election à la présidence de la République du général Amadou Toumani Touré, 53 ans. 

Surnommé ATT par les Maliens, le général à la retraite a obtenu 64,35 % des voix au second tour, contre 35,65 % à son adversaire Soumaïla Cissé, candidat de l'Alliance pour la Démocratie au Mali (Adéma), le parti qui a gouverné durant une décennie.
Amadou Toumani Touré bénéficie, une fois n'est pas coutume pour un ancien militaire africain, d'un préjugé favorable de la communauté internationale.
Démocrate, vertueux, pétri d'humanisme : les qualificatifs élogieux ne manquent pas à son égard. 

Le 29 avril 2007, Amadou Toumani Touré est réélu au premier tour avec 71,20 % des voix, mais cette élection est contestée par les principaux candidats de l’opposition.
Les relations commerciales, politiques et culturelles avec la France se ralentissent tandis que celles avec la Chine, la péninsule arabique et les États-Unis se renforcent. L'élite intellectuelle et les étudiants se tournent vers les États-Unis, aux débouchés plus prometteurs et à la politique migratoire plus ouverte. Les commerçants s'orientent avec les pays arabes et du golfe, la proximité religieuse, tel le pèlerinage à La Mecque, favorisent ces échanges.

L'insurrection malienne de 2012 (guerre de l'Azawad) est un conflit armé qui, dans le nord du Mali, oppose l'armée malienne aux rebelles touaregs du Mouvement national pour la Libération de l'Azawad (MNLA) et au mouvement salafiste Ansar Dine, alliés à d'autres mouvements islamistes. Elle a été déclenchée le 17 janvier 2012 avec l'attaque de camps militaires maliens dans le nord du pays par des combattants du MNLA.
Le MNLA revendique l'autodétermination et l'indépendance de l'Azawad qui correspond aux trois régions maliennes de Kidal, Tombouctou et Gao. Le gouvernement malien refuse ces revendications, défendant l'intégrité du territoire malien. Le mouvement Ansar Dine de l'ancien combattant touareg Iyad ag Ghali défend lui l'instauration d'une république islamique avec l'application de la charia.
Ce conflit s'inscrit dans une série de conflits généralement appelés «conflits touaregs», ou «rébellion touareg», bien que le MNLA nie tout caractère ethnique. Il engendre des conséquences néfastes pour les populations de ces régions dont une partie se réfugie dans les pays voisins (Mauritanie, Algérie, Niger et Burkina Faso), avec d'autres conséquences pour les habitants déjà confrontés à des difficultés alimentaires.
La branche sahélienne d'Al-Qaïda AQMI joue également un rôle important dans l'insurrection malienne. Leurs intérêts convergents amènent Ansar Dine à rencontrer ses principaux dirigeants en mai 2012 à Tombouctou. Par la suite, les islamistes parviennent à repousser les rebelles touaregs des principales villes de l'Azawad afin de mettre en place la loi islamique.

Le 17 janvier 2012, des combattants du MNLA attaquent les troupes de l'armée malienne à Ménaka dans le nord du Mali. Les bilans humains sont contradictoires selon les sources.
Le 18 janvier, des combattants du MNLA attaquent les camps militaires situés à Aguel'hoc et Tessalit.
Dans la nuit du 19 au 20 janvier 2012, selon des sources concordantes citées par l'AFP, l'armée malienne reprend le contrôle des trois villes attaquées par le MNLA.
Le 24 janvier, les combats reprennent avec les attaques par le MNLA, qui aurait été soutenu par le groupe salafiste Jamâa Ansar Dine d’Iyad Ag Ghaly, de plusieurs villes du nord-est du Mali : Aguel'hoc, Andéramboukane et Léré. Les rebelles reprennent la ville d'Aguel'hoc. Pour la première fois, des membres d'AQMI et des rebelles du MNLA auraient attaqué conjointement.
Cependant, le 27 janvier, le MNLA dément toute collaboration avec le groupe terroriste lors de l'attaque d'Aguel'hoc.

Le 26 janvier, les rebelles touaregs attaquent les campements militaires d'Andéramboukane, à la frontière avec le Niger, puis de Léré, proche de la frontière mauritanienne.
Le 31 janvier, des combats ont lieu à Niafunké.

Le 2 février, le président procède à un remaniement ministériel du Gouvernement de Cissé Mariam Kaïdama Sidibé : le général Sadio Gassama, précédemment ministre de la Sécurité intérieure et de la protection civile, est nommé ministre de la Défense et des Anciens combattants, laissant sa place à Natié Pleah, précédemment ministre de la Défense et des anciens combattants. Le même jour débutent à Alger des négociations entre le gouvernement malien, représenté par Soumeylou Boubèye Maïga, ministre des Affaires étrangères et des délégués de Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, dont des membres combattent aux côtés du MNLA. L'Alliance du 23 mai rassemble d'ex-rebelles touaregs qui, après avoir repris les armes en mars 2006, avaient signé avec le gouvernement malien, sous l'égide de l'Algérie, des accords de paix dits "accords d'Alger".
Dans la nuit du 3 au 4 février, des tirs à l'arme lourde ont été entendus dans la ville de Kidal, dont les rebelles tentent de prendre le contrôle.
Le 4 février, le gouvernement malien et l'Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, lance depuis Alger un appel urgent au cessez-le-feu. Bilal Ag Cherif, secrétaire général du MNLA déclare dans une interview au journal arabophone algérien El Khabar ne pas être concerné par cet appel au cessez-le-feu.
Le 6 février, après 3 semaines d'affrontement et alors que les combats ont cessé depuis 48h, deux localités (Ménaka et Léré) seraient sous le contrôle des insurgés sur les six attaquées (Tessalit, Andéramboukane, Niafunké, Aguel'hoc, Ménaka et Léré). La ville de Léré servirait de base opérationnelle pour l’occupation du Sahel.
Le 6 février, les rebelles font évacuer les populations de la ville de Tessalit (environ 4 000 personnes) vers des campements en brousse, à Abamco, Savohak, Efali (Terist) et Assowa afin d'éviter qu'elles ne soient victimes des conflits. La situation sanitaire est préoccupante et fait l'objet d'une mission de la Croix-Rouge le 7 février.
Le 7 février, le MNLA attaque tôt le matin le poste militaire de Tinzawatène, situé à quelques kilomètres de la frontière algérienne. L'armée malienne repousse les assaillants.
Mais le 8 février, après deux jours de combat, le MNLA prend le contrôle de Tinzawatène. Une source malienne confirme que « l'armée s'est retirée du camp et s'est repliée du côté algérien de la frontière, mais c'est un repli stratégique ».
Le 10 février, l'armée malienne effectue des bombardements, via 5 hélicoptères, des positions rebelles situées à 15 km de la ville de Kidal.
Le 11 février, le MNLA affirme qu'un convoi de l’armée malienne, sous les ordres du Colonel-Major Alhaji Ag Gamou, qui a quitté les villes de Kidal et d’Anefif en direction de Tessalit a subi une embuscade au niveau de Tinsalane.
Le 12 février, l'armée malienne reprend le contrôle de Léré, sans qu'il y ait de combat et selon RFI, sous les applaudissement de la population. Elle remet en état l'un des réseaux de téléphonie détruit par les rebelles.
Les 13 et  14 février, des violents combats opposent les renforts de l’armée malienne aux combattants du MNLA à plusieurs kilomètres de la ville de Tessalit. L’armée malienne affirme être entrée en ville et que les militaires du camp militaire, situé à 6 km au nord de la ville ont pu être ravitaillés, ce que dément le MNLA qui assure encercler le camp.
Le 14 février, Soumeylou Boubèye Maïga, ministre malien des affaires étrangères, a déclaré dans une interview à Radio France internationale que le Mali restait « ouvert au dialogue (...) sur tout ce qui peut toucher au partage du pouvoir et sur des bases transposables à l’ensemble du pays » mais refusait « tout partage du territoire ».
Les 15 et 16 février, les combats continuent entre les rebelles et l'armée malienne pour le contrôle de Tessalit. Les autorités maliennes évoquent une centaine de morts parmi les rebelles ainsi que 50 prisonniers alors que Moussa Ag Acharatoumane, porte-parole du MNLA dément toutes pertes dans ses rangs.
Le 16 février, les rebelles du MNLA reprennent la ville de Léré, l'armée malienne s'étant repliée en direction de Nampala.
Le 17 février, le MNLA attaque vers 1h30 du matin avec deux voitures le camp militaire Fihroun Al Ansary de Gao.
Le 18 février, des combattants du MNLA attaquent deux localités situées dans la région de Mopti. À Hombori, ils ont attaqué la gendarmerie qui a été saccagée et pillée. Moussa Balogo Maiga, chef du village aurait été tué, peut-être par méprise les rebelles cherchant en réalité le chef de la gendarmerie. Le MNLA a réfuté cet assassinat en déclarant dans un communiqué « le chef de village de Hombori a été assassiné par les services de la gendarmerie malienne pour renforcer sa campagne de désinformation et d’intoxication ». À Youwarou, le MNLA a attaqué le village, enlevant un soldat de la garde nationale et sabotant le réseau téléphonique.
Le 29 février, les affrontements reprennent entre l'armée malienne et les rebelles du MNLA autour de Tessalit.
Le 1er mars 2012, l'armée malienne effectue plusieurs raids contre des positions du MNLA. L'enjeu du combat est le contrôle du camp militaire situé à une quinzaine de kilomètre de la ville de Tessalit et de sa piste de décollage. L'armée malienne contrôle le camp militaire mais est encerclée par les rebelles du MNLA. L'armée cherche à envoyer du renfort et le MNLA tente d'empêcher que les renforts arrivent au camp militaire48. Des combats ont eu lieu le samedi 3 et le dimanche 4 mars. Selon le MNLA, les renforts maliens auraient quitté la zone en abandonnant d'importants moyens militaires, informations démenties par l'armée.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annonce le 1er mars la remise aux autorités maliennes de trois militaires maliens retenus en otage par le MNLA, cinq autres soldats étant encore retenus.
Le 2 mars 2012, des rebelles touaregs enlèvent trois militaires maliens et emportent quatre véhicules de service dans la localité de Ténenkou dans la Région de Mopti, selon une déclaration d'Ely Touré du gouvernorat de Mopti à l'Agence France-Presse, confirmée par un élu local. Selon des informations recueillies le 3 mars par l'Agence France Presse, un avion militaire américain a largué des vivres aux militaires maliens qui tiennent le camp de Tessalit
Dans la nuit du 10 au 11 mars, le MNLA prend le contrôle du camp militaire de Tessalit. Selon les camps, les versions divergent. Pour le MNLA, la prise du camp militaire fait suite à un combat gagné par le MNLA alors que l’armée malienne parle d’un retrait stratégique et d’une évacuation du camp militaire afin de mettre à l’abri les populations civiles qui y avaient trouvé refuge. Le lieutenant Broulaye Guissé affirme avoir retiré « nos troupes pour éviter des massacres de civils par les rebelles et Al Qaïda au Maghreb islamique », ce retrait s’étant effectué sans combat et qu’il « n’y a donc pas eu ni blessés, ni morts dans un camp comme dans l’autre ». Le ministre de la Défense et des Anciens Combattants précise dans un communiqué que face aux agressions à répétition des assaillants, « composés des combattants dits du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), d’AQMI, d’Ansar Dine, des trafiquants de drogues et des renforts venus de divers horizons », le commandement militaire a décidé « l’évacuation temporaire du Camp de Tessalit » et « l’organisation de convois d’évacuation et d’escorte des civils vers d’autres garnisons ». Baye Ag Diknan, officier du MNLA, affirme à RFI avoir « pris le camp suite à des assauts successifs », où le MNLA avait engagé près de 600 combattants. Le MNLA affirme qu’il y a eu des morts coté malien et que des soldats maliens ont été faits prisonniers ainsi que leurs familles, et que du matériel militaire (« des mortiers, lance-roquettes, mitrailleuses et même des blindés ») a été récupéré.
Le 12 mars, un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) qui se rend à Tessalit pour porter secours aux civils est intercepté et bloqué par des hommes en armes. Le MNLA qui contrôle la ville assure ne pas être responsable de cette interception.
Le 13 mars, dans une vidéo adressée à l’Agence France-Presse, le mouvement islamique Ansar Dine, créé par Iyad ag Ghali, figure des rébellions touareg des années 1990 au Mali, revendique la prise du camp d’Aguel’hoc fin janvier et appelle à l'application de la charia au Mali. La prise de ce camp, le 24 janvier, avait également été revendiquée par le MNLA.
Le 14 mars, des rebelles attaquent la localité de Diré où ils emportent quatre véhicules appartenant aux services de l’État, puis la localité de Goundam où ils emportent deux véhicules et enlèvent deux policiers et un gendarme.
Le 18 mars 2012, le mouvement Ansar Dine, qui déclare contrôler les localités d’Aguel’hoc et de Tessalit, a appelé à l’application de la Charia par la lutte armée. La localité de Tessalit a également été revendiquée, lors de sa prise le 11 mars, par le MNLA.
Le 20 mars, le mouvement Ansar Dine affirme dans un communiqué contrôler l’Adrar des Iforas, au nord-est du Mali et occuper Tinzawaten, Tessalit et Aguel’hoc. Il annonce vouloir remettre 110 prisonniers civils et militaires au Haut conseil islamique du Mali. Ansar Dine affirme contrôler la localité de Tinzawaten, prise et revendiquée précédemment par le MNLA le 8 février.

Dans la nuit du 21 au 22 mars, un coup d'État militaire renverse le président malien Amadou Toumani Touré. Le lieutenant Amadou Konaré, porte-parole du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDR), présidé par Amadou Sanogo, annonce la suspension de la constitution et la dissolution des institutions de la République. Il justifie le coup d’État par « l'incapacité du gouvernement à donner aux forces armées les moyens nécessaires de défendre l'intégrité de notre territoire national ».

Le 22 mars, le MNLA prend possession du camp militaire d'Anéfif, abandonné par l'armée malienne qui s'est retirée à Gao.
Le 25 mars, selon une source citée par RFI, le colonel de l’armée malienne Malick Ag Acherif et trente de ses hommes auraient déserté et rejoint le MNLA. Des affrontements meurtriers ont opposé le MNLA et un convoi de l’armée appuyé par un groupe songhaï, le Ganda Izo, entre Ansongo et Ménaka.
Le 26 mars, le MNLA encercle la ville de Kidal. Des combattants du mouvement Ansar Dine seraient également sur place. Un cadre du MNLA réaffirme qu'il n'y a pas de liens entre les deux entités, reconnaissant que cette situation est ambigüe. Le MNLA affirme avoir proposé au gouverneur de Kidal et au colonel Gamou de favoriser la reddition de l'armée afin d’éviter une effusion de sang.
Le 27 mars, une délégation de la communauté arabe bérabiche de Tombouctou a rencontré des responsables du MNLA pour leur demander de renoncer à leur projet d’attaque de Tombouctou. Le MNLA leur a demandé de chasser les soldats maliens de la ville ou de les laisser le faire ou alors de se préparer à une attaque du MNLA. La communauté arabe bérabiche a choisi de résister.
Le 29 mars, le MNLA, soutenu selon un militaire malien joint par l'AFP, par Ansar Dine attaquent conjointement la ville de Kidal, le mouvement touarègue par le nord, le groupe armé islamique par le sud.
Le 30 mars, Ansar Dine et le MNLA s'emparent de la ville et de la garnison de Kidal. les forces gouvernementales se replient sur Gao à 350 km au sud. Le camp de la garde nationale et des maisons d'officiers ont été pillés. Le gouverneur de la région, le commandant de zone de l'armée, le colonel des unités spéciales et le chef de la gendarmerie sont prisonniers. Des témoins affirment que des éléments d'AQMI ont participé aux combats. L'armée a annoncé avoir évacué les localités d'Ansongo et de Bourem pour se regrouper et renforcer ses positions à Gao. Amadou Haya Sanogo, chef de la junte qui a renversé la président Amadou Toumani Touré déclare que « Les rebelles continuent à agresser notre pays et terroriser nos populations (...) notre armée a besoin du soutien des amis du Mali ».
Le 31 mars, Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire et président en exercice de la Cédéao a déclaré que l’organisation ouest-africaine avait « mis en alerte les forces d'attente au sein de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest », qui compte 2 000 hommes, afin de « préserver à tout prix l'intégrité territoriale du Mali » tout en souhaitant « éviter la guerre ». Au stade omnisports Modibo-Keïta à Bamako, un rassemblement est organisé qui accueille 25 000 personnes, musulmanes, catholiques et protestantes, afin de prier pour la paix et l’unité du pays. Mahmoud Dicko, chef du Haut conseil islamique du Mali et Monseigneur Jean Zerbo, archevêque de Bamako y participent. Toujours au 31 mars, le MNLA s'empare de Gao, ainsi que de la ville de Sango sur la frontière avec le Niger. Le colonel-major Elhadj Ag Gamou, ancien chef de commandement des troupes maliennes dans la région de Kidal, annonce rejoindre le MNLA .
Le 11 avril 2012 il est révélé que ce "ralliement" ne fut que tactique afin de permettre l'exfiltration d'une partie de ses combattants, Ag Gamou craignant sur eux une vengeance par Ansar Dine. Le colonel-major Elhadj Ag Gamou confirme qu'il reste fidèle à l'État malien.
Le 1er avril, la junte militaire ordonne à l'armée malienne de cesser les combats et de laisser la ville de Gao "ouverte". Les rebelles pénètrent dans Tombouctou. Un civil a été tué par un éclat d’obus reçu au ventre. Selon des témoins joints par l’AFP, des scènes de pillages ont été observées, le directeur d’une succursale de banque a dénoncé le pillage du trésor, des banques, de la police, du gouvernerat et de l’hôpital. Des pillages des bâtiments publics ont également été signalés à Gao. L’agence France-Presse rapporte des témoignages d’un fonctionnaire affirmant que le siège du Comité international de la Croix-Rouge a été pillé tout comme des banques et le Trésor, et d’un hôtelier affirmant que son hôtel a été détruit tout comme des bars par des hommes barbus criant « Dieu n’aime pas l’alcool ». Radio Vatican annonce que l’église catholique de Gao a été détruite et que des chrétiens ont été physiquement menacés et ont dû fuir la ville.
À cette date, le MNLA et Ansar Dine, allié avec Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), contrôlent les localités du nord du Mali.
Le 2 avril, le bureau politique du MNLA déclare « Nous rassurons les États voisins, les populations de la sous-région et la Communauté Internationale que la libération de l’Azawad contribuera à renforcer la sécurité, le développement et la paix pour une meilleure intégration des peuples, des cultures et une meilleure stabilité dans la zone saharo-sahélienne. ». Amnesty International dénonce les exactions et violations des droits de l’Homme commises dans les villes du nord, notamment à Gao, et interpelle « les groupes armés touaregs et islamistes qui ont pris les villes de Kidal, Gao et Tombouctou (et qui) sont tenus de protéger les populations civiles dans les zones sous leur contrôle ».
L’Agence France-Presse annonce que le mouvement Ansar Dine a pris le contrôle de Tombouctou le 2 avril et en a chassé les combattants du MNLA.
Dans un communiqué publié le 4 avril, le MNLA dément, considérant « les dépêches de l’AFP (Agence France Presse), reprises à travers le monde, comme une campagne d’intoxication et de désinformation » et affirme « qu’il tient sa position dans la ville de Tinbouctou et toutes les autres villes de l’Azawad ». Des témoins cités par Associated Press relatent la prise de la ville par les islamistes d’Ansar Dine qui ont hissé leur drapeau noir.
Le 3 avril, trois chefs d’AQMI, Abou Zéïd, Mokhtar Belmokhtar et Yahya Abou Al-Hammam ont été signalés à Tombouctou où ils auraient participé à une rencontre avec Iyad Ag Ghaly (chef d’Ansar Dine) et les imans de la ville.
Le 4 avril, le MNLA annonce mettre fin unilatéralement aux opérations militaires à compter du 5 avril à minuit. Dans une interview publié sur un blog consacré au peuple amazigh, Mossa Ag Attaher, chargé de communication du MNLA, veut se démarquer une nouvelle fois d’Ansar Dine en déclarant que « le MNLA a pour objectif la constitution d'un Azawad indépendant et démocratique, distinct de l'État malien. De plus, l’État azawadien qu'envisage le MNLA sera laïc. Nous garantissons une liberté de culte totale à tout citoyen azawadien ». Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté une déclaration condamnant les attaques et les pillages auxquels se livrent les rebelles : « Il demande aux rebelles de cesser immédiatement toute violence et exige de toutes les parties au Mali qu'elles s'emploient à trouver une solution pacifique grâce au dialogue politique ».
Le 5 avril, le consulat d’Algérie à Gao est attaqué par les rebelles islamiques. Le consul et six autres diplomates algériens sont enlevés. Le Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) revendique l’enlèvement. Le MNLA condamne cette attaque ainsi que les enlèvements et les actes d'agressions et de vandalisme.
Le 6 avril 2012, par un communiqué publié sur son site, le MNLA déclare proclamer « irrévocablement, l’État indépendant de l’Azawad à compter de ce jour ». Immédiatement, l'Union africaine rejette « totalement la prétendue déclaration d'indépendance ». Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine condamne « fermement cette annonce, qui est nulle et sans aucune valeur » et affirme que « l'Union africaine et ses États membres ne ménageront aucun effort pour contribuer à rétablir l'autorité de la République du Mali sur l'ensemble de son territoire national et mettre un terme aux attaques perpétrées par des groupes armés et terroristes dans la partie nord du pays ». Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères déclare que le France refuse d’accepter « la déclaration unilatérale d'indépendance qui a été faite par l'un des mouvements qui animent aujourd'hui ce qui se passe dans le nord du Mali, le MNLA » ajoutant que « La France est attachée à l'intégrité territoriale du Mali, il n'est pas question de remettre en cause la souveraineté de ce pays ». L’Union européenne rejette cette indépendance.
Elhadji Baba Haïdara, député de Tombouctou a réagi dans un entretien publié sur le site internet du journal Jeune Afrique à la proclamation de l’indépendance par le MNLA en déclarant « comment pouvez-vous demander l’indépendance d’une zone sans être mandatés par sa population ? S’il y a quelqu’un qui doit demander quelque chose au nom de cette population, ce sont les personnes élues par la population à l’Assemblée nationale. Les Touaregs ne constituent pas 10 % de la population du Nord-Mali. C’est l’ethnie la plus minoritaire. On ne peut pas proclamer d'indépendance dans ces conditions. ». Il craint « la transformation du Nord-Mali par Aqmi en un nouvel Afghanistan, avec des groupes comme Ansar dine, Boko Haram... ».
Le 8 avril, un nouveau groupe armé rebelle annonce sa création : le Front de libération nationale de l'Azawad. Composé quasi exclusivement d’Arabes de la région de Tombouctou, il est dirigé par un secrétaire général Mohamed Lamine Ould Sidatt, élu de la région, et par un état-major militaire, commandé par le lieutenant-colonel Housseine Khoulam, qui a fait défection de l'armée malienne. Il se fixe comme objectif « la libération de l'Azawad, l'instauration d'un climat de confiance entre ses communautés », « la sécurisation des personnes et des biens » et « l'instauration d'un cadre de dialogue pour une paix durable »98. Depuis le Consulat du Mali à Niamey (Niger), le colonel Gamou lance « un appel solennel à tous les Maliens ! À tous les nordistes en particulier, de se donner la main, d’avoir le courage, d’avoir le moral, pour reconstruire en cœur le Mali et le Nord ! ». Sadou Harouna Diallo, maire de Gao, dénonce les exactions des rebelles : « On ne vole pas son peuple ! Quand on veut faire une République on ne pille pas ! On ne détruit pas ce qui est fait depuis cinquante-deux ans ! Dans les trois régions du Mali, on est revenu à cinquante-deux ans en arrière ! Celui qui veut un peuple, tu le fais avec des hommes et des femmes ! Tu ne les viole pas ! ».
Le 13 avril 2012, le MNLA publie sur son site internet un communiqué assurant le soutien « indéfectible et sans condition » de la communauté Kountas « à la libération de l'Azawad ».

Deux mois après le coup d'État, les autorités de transition peinent à restaurer l’intégrité territoriale du Mali.
Le 21 mai, le président de transition Dioncounda Traoré est agressé et blessé à Bamako par des manifestants. Il est temporairement conduit à Paris pour des examens médicaux.
Le 24 mai, des rencontres sont organisées à Tombouctou entre les principaux responsables d'Ansar Dine et d'AQMI. Son chef Abdelmalek Droukdel conseille à ses combattants d'imposer « graduellement » la charia pour y « réussir la création d'un État islamique » dans un message rendu public.
Le 27 mai 2012, Ansar Dine et le MNLA annoncent leur fusion dans un « protocole d'accord » transmis à l'AFP. Celui-ci indique que « le mouvement Ansar Dine et le MNLA proclament leur auto-dissolution dans l'Azawad. Les deux mouvements créent le Conseil transitoire de l’État islamique de l'Azawad »
Le 25 juin, un enseignant et élu local de Gao, Idrissa Oumarou, assez apprécié localement, est abattu par des inconnus à moto, alors qu'il rejoignait son domicile dans un quartier de la ville.
Le 26 juin à Gao, des centaines d'habitants, majoritairement songhaïs et peuls, ont marché contre les groupes armés qui occupent la ville. Cette manifestation d'une foule en colère, suivant les obsèques d'Idrissa Oumarou, se termine par une douzaine de blessés par balles, dont deux gravement à la tête. Le MNLA est accusé par des manifestants d'être à l'origine des tirs, mais réfutant cela, le mouvement indépendantiste touareg reporte la faute sur le MUJAO, l'incertitude demeurant encore au sujet de ces responsabilités.
Le 27 juin au matin, d'intenses combats se déroulent à Gao dans plusieurs quartiers, opposant directement pour la première fois dans la ville, le MNLA aux groupes islamistes, notamment le MUJAO (Mouvement pour l'Unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest) un groupe dissident d’AQMI, et Ansar Dine. Les islamistes radicaux du MUJAO auraient rapidement pris l'avantage et encerclé le quartier général du MNLA, siège de son conseil transitoire de l'Azawad situé à l'ancien gouvernorat de la ville, puis l'ont pillé et vidé après en avoir violemment délogé les indépendantistes touaregs, qui ont fui la ville et même le camp militaire situé à son entrée. Le MNLA reconnait avoir perdu cette bataille, mais resterait cependant déterminé à continuer le combat, alors que le bilan provisoire de cet affrontement serait lourd : au moins vingt morts et des dizaines de prisonniers. De plus, le secrétaire général du MNLA, Bilal Ag Acherif, aurait été blessé et évacué à Ouagadougou au Burkina Faso pour y être soigné, et un de ses haut responsable, le colonel Bouna Ag Tahib, serait mort.
Selon les affirmations, ce 27 juin au soir, de Mahamadou Djeri Maïga, un des responsables du MNLA réclamant l'aide de la communauté internationale, des combattants d'AQMI auraient combattu auprès du MUJAO, et un des chefs d'AQMI, Moktar Bel Moktar, aurait organisé l'attaque avec tout leur arsenal de guerre. Gao est désormais sous le contrôle exclusif du MUJAO, le MNLA ayant abandonné ses positions dans la ville, qui a retrouvé le calme le 27 juin au soir.
Le 29 juin, le MNLA annonce la mort de Mokhtar Belmokhtar suite au combat du 27.
Dans les premiers jours de juillet, sept des mausolées de Tombouctou classés quelques jours auparavant sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO, sont détruits par des combattants d'Ansar Dine.
En août 2012, les islamistes du MUJAO proclament l'interdiction de diffuser toute musique profane sur les radios privées installées dans le nord du Mali
Fin août, les islamistes avancent vers le sud en prenant Douentza.

Source : Wikipedia