Histoire du Malawi

Des vestiges de l'âge de pierre et de l'âge de fer tardif ont été mis au jour autour du lac Malawi.
- 1er siècle après J.-C. : Des peuples bantou s'installent dans la région. Le pays connaît une succession de royaumes, en relation avec les commerçants swahili des régions côtières du Mozambique et avec le Zimbabwe.
- XIVème siècle : Le royaume des Chewa domine la région s'étendant au nord-ouest du lac Malawi.
- XVIIème siècle : Après l'arrivée de commerçants portugais, dont les métis (Pomberos) qui, remontant le Zambèze, sont parvenus jusque dans le sud du pays, s'organise un vaste trafic d'esclaves.
- XVIIIème siècle : Les Yao, pasteurs nilotiques venus du Sud soudanais, s'établissent dans le pays. Les Ngounis quittent l'Afrique du Sud lors des Mfecanes (conflits nés de la création du peuple zoulou et de l'arrivée des Boers). Chassés par l'expansion zoulou, ils poussent jusqu'au nord du pays. 
- 1859 : Les Européens ont connaissance de l'existence du lac lorsque David Livingstone parvint sur ses rives.Livingstone dénonce les ravages provoqués par la traite des Noirs, organisée par les commerçants portugais et arabes.
- A partir de 1875 : Son expédition ouvre la voie à l'établissement des missions, protestantes au sud, catholiques dans le Centre. Les missionnaires sont bientôt suivis par des commerçants britanniques.
- 1883 : Un consul britannique s'établit dans le pays.
- 1891 : Des affrontements avec les marchands d'esclaves et la volonté de stopper l'expansion du Portugal et de l'Allemagne amènent les Britanniques à négocier avec les souverains indigènes la déclaration formelle d'un protectorat qui prit le nom de Nyasaland en 1907. 

Une colonisation mouvementée 

Pendant la Première Guerre mondiale : Le pasteur John Chilembwe, qu'indignent la participation forcée de ses compatriotes à l'effort de guerre britannique et l'accaparement des terres par les colons, organise une révolte brève, et sévèrement réprimée, dans la région de Blantyre.
- Dans l'entre-deux-guerres : De nouveaux colons s'établissent dans le Nyasaland, développant les cultures d'exportation tandis que les autochtones sont utilisés comme main-d'ouvre dans les mines et industries des Rhodésies (aujourd'hui Zambie et Zimbabwe). 
- 1933 : Le Nyasaland passe sous le régime de l' "indirect rule".
La Seconde Guerre mondiale marque l'essor des mouvements nationalistes.
- 1944 : James Sangala fonde le Congrès africain du Nyasaland (NAC, Nyasaland African Congress), dont Hastings Kamuzu Banda, médecin immigré à Londres, devient le représentant en Grande-Bretagne.
- A partir de 1953 : Le Naysaland est intégré, durant dix ans, au sein d'une fédération comprenant les Rhodésies du Nord et du Sud (aujourd'hui Zambie et Zimbabwe). Cette fédération suscite une vive opposition de la part de la population autochtone du protectorat, qui redoute de voir s'étendre à son pays le régime de ségrégation raciale en vigueur dans les territoires voisins.
- 1959 : Une campagne de désobéissance civile, menée par Banda, qui a été élu président du Parti du congrès du Malawi (MPC, Malawi Congress Party), nouvelle dénomination du NAC, est suivie d'importantes émeutes dans le nord du pays.
- 1960 : Une conférence constitutionnelle s'ouvre à Lancaster.
- 1963 : Après la dissolution de la fédération, le Nyasaland obtient l'autonomie ; Hastings Kamuzu Banda devint Premier ministre.
- 6 juillet 1964 : Le protectorat accède à l'indépendance et prend son nom actuel. 

Le Malawi indépendant 

- 6 juillet 1966 : Après la proclamation de la république, Banda est élu président par l'Assemblée nationale.
- Novembre 1970 : Un amendement de la Constitution fait de lui le président à vie du Malawi. Il peut ainsi diriger le pays autoritairement en s'appuyant sur le parti unique, le MPC. Banda maintient habilement, en politique extérieure, une stricte attitude de neutralité, conservant de bonnes relations tant avec les autres pays de la "ligne de front", à dominante socialiste et hostile aux régimes ségrégationnistes de Rhodésie du Sud et d'Afrique du Sud, qu'avec ces derniers. Il maintient également des relations amicales avec le Mozambique, sous la domination du Portugal de Salazar jusqu'en 1975. Cette politique très contestée sert les intérêts commerciaux du Malawi mais limite son influence sur le continent africain. 
Début des années 1990 : La récession économique et l'afflux de réfugiés mozambicains contribuèrent à déstabiliser le président Banda, de plus en plus contesté, à l'intérieur comme sur le plan international, en raison de son autoritarisme et de l'élimination des opposants politiques. La population lui reproche également son mode de vie essentiellement anglo-saxon, et sa méconnaissance des coutumes et de la langue locale (il ne s'exprime qu'en anglais et était toujours accompagné d'un interprète). 
- Juin 1993 : Il accepte l'instauration du multipartisme.
- Mai 1994 : Il perd la présidence au profit de Bakili Muluzi.
- 1995 : Banda et son ancien bras droit, John Tembo, sont arrêtés et inculpés pour le meurtre, en 1983, de trois ministres et d'un parlementaire. L'instruction du procès est l'occasion, pour le MPC, l'ancien parti unique, allié à une formation de l'opposition, l'Alliance pour la démocratie, de multiplier les accusations de corruption contre le nouveau président. L'exacerbation des oppositions entre des partis à dominante communautaire et l'augmentation d'une criminalité recourant aux pratiques les plus violentes constituent une menace pour la démocratie, encore fragile.
- 15 juin 1999 : Les élections générales ont eu lieu qui, avec un important taux de participation, reconduisent le président sortant Bakili Muluzi à la tête de l'État (pour un second mandat) ainsi que son parti, le Front démocrate uni (UDF), au Parlement.
En mai 2004, le candidat à la présidence de l’UDF, Bingu wa Mutharika, bat le candidat du MCP. Malgré cela l’UDF n’a pas la majorité au Parlement et forme un « Gouvernement d’Unité Nationale ». Bingu wa Mutharika quitte l’UDF, officiellement à cause d’une significative divergence de vue à propos de la campagne anticorruption amorcée par le président.