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2 à 3 millions d'années
avant notre ère : Présence d'australopithèques,
dans la Rift Valley, au Kenya
et en Tanzanie,
attestée par les fouilles
menées par les équipes
réunies autour des
paléontologues Louis
et Mary Leakey, puis de leur
fils Richard Leakey.
- Durant le 1er millénaire
avant J.-C. : Des agriculteurs
bantou s'établissent
sur les hauts plateaux, sur
les bords du lac Victoria.
- A partir du XIème
siècle : Des populations
nilotiques, venues du Nord,
introduisent l'élevage
des bovins et développent
de puissants royaumes.
- XVIIème siècle
: Les Massaï, pasteurs-guerriers
d'origine nilotique, seraient
arrivés par le nord
du lac Turkana. Laissant les
Hautes Terres aux Bantous,
ils préfèrent
s'établir dans les
plaines du Centre et du Sud.
- 1830 : Le territoire
des Massaï s'étend
du nord-est du lac Victoria
jusqu'à la latitude
de Zanzibar. Une barrière
que les marchands swahilis
puis les Européens
doivent contourner par le
sud pour parvenir jusqu'aux
Grands Lacs.
Le commerce swahili
- Après le XIème
siècle : Les régions
côtières sont
dominées par des négociants
arabes, originaires du sud
de la péninsule Arabique.
Ils créent des comptoirs
zenj (mot désignant
l'"homme noir"),
dont les plus importants sont
Malindi et Mombasa. De là,
ils contrôlent le commerce
avec l'intérieur (esclaves,
ivoire et plumes d'autruche).
Ces ports constituent un maillon
essentiel pour le commerce
de l'océan Indien.
Une culture composite arabo-bantou
s'y développe dont
la langue, le swahili, devint
celle des échanges
en Afrique orientale. Indépendants
les uns des autres, les États
zenj, progressivement formés,
sont souvent dominés
par des puissances extérieures.
Ainsi, le sultanat de Mascate-et-Oman
rivalise des siècles
durant avec les Européens
pour la suprématie
sur cette côte.
- 1497 : Les Portugais,
à la suite de Vasco
de Gama qui, en route vers
l'Inde, ont contourné
le cap de Bonne-Espérance
et fait escale à Mombasa
en 1498, tentent de monopoliser
le commerce de l'océan
Indien. Durant plus d'un siècle
-et malgré les résistances-,
ils dominent les États
zenj.
- XVIème siècle
: La forteresse de Fort-Jésus,
édifiée au à
Mombasa, demeure le témoin
de la puissance portugaise
sur la côte.
- Première moitié
du XVIIIème siècle
: Les Portugais sont chassés
par les Omanais.
La dynastie omanaise
- Début du XIXème
siècle : Le sultanat
d'Oman -qui a conclu un traité
d'amitié avec les Britanniques,
dont l'influence s'affirme
dans cette partie de l'Afrique-
a conquis tous les États
zenj situés au nord
du cap Delgado. Maître
d'un vaste empire commercial,
Oman n'essaye pas de dominer
les populations de l'intérieur.
- 1830 : La capitale
du sultanat est transférée
de la péninsule Arabique
dans l'île de Zanzibar,
au large de l'actuelle Tanzanie.
Les plantations de girofle
de Zanzibar et les palmeraies
à huile de Mombasa
nécessitent une main-d'ouvre
importante, qui est pourvue
par la traite des Noirs. Contrôlée
depuis Mombasa et Zanzibar,
la traite négrière
s'étend à l'intérieur
de l'Afrique jusqu'au Congo.
Les négriers swahilis
effectuent parfois des raids
mais, le plus souvent, achètent
les esclaves aux ethnies ou
tribus locales dominantes.
Les Kambas du Kilimandjaro
participent ainsi au "commerce
honteux".
Le consul britannique à
Zanzibar prend la tête
du mouvement anti-esclavagiste
- Vers 1850 : En échange
de garanties concernant le
maintien de sa domination
sur la côte, le sultan
d'Oman signa des traités
limitant ce commerce.
- 1873 : Le sultan
d'Oman accepte d'abolir la
traite.
La colonisation britannique
- De 1873 à 1886
: Le consul britannique
John Kirk encourage le sultan
à annexer à
son empire les territoires
de l'intérieur. L'unification
territoriale aurait à
terme profité aux Britanniques,
en lutte avec les Allemands
pour le contrôle de
l'Afrique orientale.
- 1885 : Les zones
d'influence respectives sont
définies au congrès
de Berlin. Les Allemands obtinrent
la côte du Tanganyika
(une partie de l'actuelle
Tanzanie) et le Kenya revint
aux Britanniques. Dans un
premier temps, les intérêts
britanniques sont représentés
par l'Imperial British East
Africa Company.
- 1896 : Le Foreign
Office en prend le contrôle
direct, sous prétexte
de construire une voie ferrée
reliant Mombasa au lac Victoria.
Des travailleurs indiens sont
employés à la
construction de cette ligne
qui doit faciliter la conquête
de l'intérieur du pays.
Les populations locales ne
résistent guère
à l'extension du protectorat
britannique.
Les chefferies autochtones
sont maintenues, supervisées
par les chefs de district
britanniques placés
sous l'autorité d'un
gouverneur nommé par
Londres. Les meilleures terres
sont cependant réservées
aux colons. Avant 1900, certains
avaient commencé à
s'installer dans la région
de Nairobi.
- A la fin de la Première
Guerre mondiale : Environ
9 000 colons sont établis
sur les hauts plateaux.
- 1919 : La population
autochtone est gravement affectée
par la famine : Kikouyou,
Kamba et Luo se révoltent
à plusieurs reprises
contre l'accaparement de leurs
terres.
- 1920 : Le Kenya devient
une colonie de la Couronne,
mais la situation des autochtones
n'évolue guère.
Elle est même aggravée
par les effets de la crise
économique de 1929.
Nombreux sont ceux qui sont
contraints d'émigrer
vers les villes. Le nouveau
statut colonial permet cependant
la création d'associations:
les Kikouyou fondent ainsi,
en 1925, leur formation, afin
de lutter pour la redistribution
des terres. Jomo Kenyatta
devint le secrétaire
général de la
Kikuyu Central Association
(KCA). Il se rend, en 1929,
à Londres afin d'en
appeler à l'opinion
britannique et internationale.
- 1940 : La KCA est
interdite. Kenyatta demeure
en exil jusqu'en 1946. Revenu
dans son pays, il prit la
tête du mouvement indépendantiste.
La lutte pour l'indépendance
- 1952 : Les Mau-Mau,
membres d'une société
secrète kikouyou, se
révoltent contre les
autorités et les colons
britanniques. La révolte
des Mau-Mau, qui dure quatre
ans,est violemment réprimée.
La répression frappe
l'ensemble des Kikouyou sans
distinction:
13 000 d'entre eux sont tués.
Kenyatta est emprisonné
pour complicité présumée
avec les Mau-Mau. Le changement,
pourtant, est inéluctable:
les autorités coloniales
favorisent la constitution
d'une classe moyenne africaine,
en encourageant les autochtones
à s'engager dans les
cultures d'exportation.
- 1957 : Les petits
planteurs africains sont autorisés
à élire huit
représentants au Conseil
législatif de la colonie.
Le mouvement indépendantiste,
dans le même temps,
se structure.
- 1960 : L'Union nationale
africaine du Kenya (Kenya
African National Union, KANU)
est fondée, dont Kenyatta
prend la direction après
sa libération, l'année
suivante. Ronald Ngala et
Daniel Arap Moi font rapidement
scission, entraînant
les ethnies minoritaires opposées
à la domination des
Kikouyous. Ils fondent l'Union
démocratique africaine
du Kenya (Kenya African Democratic
Union, KADU).
Une conférence constitutionnelle
prépare l'accession
à l'indépendance.
- 12 décembre 1963
: Accession à l'indépendance.
Kenyatta, dont le parti avait
remporté les élections,
devint président de
la nouvelle République.
Le Kenya de Kenyatta
Contrairement aux craintes
des colons, le pouvoir africain
se montre modéré,
pro-occidental et progressiste.
La structure foncière
n'est pas radicalement modifiée.
Les terres rachetées
aux Européens sont
redistribuées selon
des critères ethniques
et tribaux et une élite
kenyane, en majorité
formée par les Kikouyous,
se constitue. La stabilité
politique, due à l'hégémonie
de la KANU, parti unique de
facto à partir de 1969,
attire d'importants investissements
étrangers. Une nouvelle
zone industrielle est créée
près de Thika, et le
centre de Nairobi est modernisé.
L'industrie du tourisme, reposant
sur les grandes réserves
nationales d'animaux sauvages,
se développe rapidement
et devient une ressource importante.
Le prestige de Kenyatta, nommé
le Mzee (l'ancien avisé),
demeurait grand lorsqu'il
meurt, en 1978.
Une succession difficile
L'arrivée au pouvoir
de Daniel Arap Moi, un Kalenjin,
ne se fait pas sans tensions
au sein de l'appareil d'État.
Le président Moi renforça
son autorité, en juin
1982, en consacrant dans les
textes le multipartisme. Deux
mois plus tard, des unités
de l'armée de l'air
tentent de le chasser, mais
elles sont repoussées
par des troupes loyalistes.
Les tensions sociales suscitées
par la crise économique
et l'accroissement démographique
très important ne cessent
de s'exacerber durant toute
la décennie, alors
même que le régime
réprime toute opposition
et répond aux aspirations
démocratiques des manifestants
par la violence.
- 1990 : Assassinat
du ministre des Affaires étrangères,
Robert Ouko, un Luo, fut à
l'origine d'affrontements
intercommunautaires. L'année
suivante est créé
le Forum pour la restauration
de la démocratie (FORD)
dont les appels à la
libéralisation du régime
sont entendus par la communauté
internationale. Le gel de
l'aide financière contraint
Daniel Arap Moi à accepter
le multipartisme. Les partis
d'opposition sont alors reconnus.
Malgré la politique
menée par le pouvoir
qui, dès le milieu
des années 1980, a
attisé les rivalités
entre communautés dans
la Rift Valley, et les effets
sociaux négatifs des
mesures d'ajustement économiques,
Daniel Arap Moi est réélu
en 1992, lors des premières
élections libres.
Depuis cette date, les affrontements
intercommunautaires se sont
poursuivis. Des dizaines de
milliers de Kikouyous sont
chassés de la Rift
Valley par les Kalenjin et
les Massaï. Des centaines
de fermiers luo doivent également
quitter leurs terres.
- Juillet 1995 : La
Grande-Bretagne suspend à
nouveau son aide au Kenya,
en raison des violations des
droits de l'Homme.
- 1997 et 1998 : Des
Kikuyu et des Kamba font l'objet
d'attaques et d'exactions
qui entraînent la mort
de plusieurs centaines de
personnes et l'exode de 150
000 autres.
- Janvier 1998 : Daniel
Arap Moi, qui brigue un cinquième
mandat, est réélu
au terme d'un processus électoral
marqué par de nombreuses
irrégularités.
L'opposition, qui n'a jamais
su présenter une alternative
crédible au pouvoir,
accuse le président
Moi d'attiser les tensions
communautaires afin d'apparaître
comme le seul recours possible
dans un contexte troublé.
Celui-ci entame son dernier
mandat, et une lutte pour
la succession a commencé
au sein de la KANU.