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Résistances et conquête coloniale
- Seconde moitié du XIXème
siècle : La France, employant alternativement
la force et la diplomatie, s'empare non sans
difficulté de la plus grande partie
de l'ouest du Soudan (actuel Mali). Elle prend
Tombouctou,
pousse jusqu'au lac Tchad et occupe la côte
guinéenne.
- 1891 : La Guinée est proclamée
colonie française, indépendamment
du Sénégal, auquel elle était
précédemment rattachée.
Cependant, cette conquête ne s'opère
pas sans résistance. Samory Touré,
relayé ensuite par les peuples de la
forêt, mène une guerre organisée
contre l'occupation française sur la
côte et dans les massifs montagneux
du Sud-Est.
- 1898 : Samory
Touré est vaincu.
- 1899 : Les régions du haut
Niger sont annexées au territoire.
- 1906 : La Guinée devient une
partie intégrante de l'Afrique-Occidentale
française (A.O.F.), administrée
par un gouvernorat général.
La Guinée sous la colonisation
française
La France impose un système d'administration
coloniale identique à celui appliqué
dans les autres territoires africains de son
empire colonial. Sous l'autorité d'un
gouverneur général, le pays
est divisé en vingt-neuf cercles, eux-mêmes
dirigés par un commandant de cercle.
Les chefferies traditionnelles sont souvent
transformées et leurs systèmes
de transmissions bouleversés. Elles
constituent progressivement un instrument
efficace de la domination coloniale française.
Ce système joue un rôle important
dans l'unification d'un pays artificiellement
créé par les puissances coloniales
au cours des conquêtes.
L'exploitation des ressources s'oriente vers
la satisfaction des besoins de la métropole.
Au détriment des cultures vivrières,
les cultures d'exportation, monopolisées
par des sociétés françaises,
se multiplient. La monnaie et l'impôt
se généralisent également
durant cette période.
Cependant, une conscience politique anticoloniale
se développe peu à peu, pour
s'affirmer après la Seconde Guerre
mondiale. En effet, Conakry devenant un port
important, beaucoup de Guinéens y sont
employés. Ils ont alors la possibilité
de former leurs propres syndicats, d'où
émergent des mouvements contestataires.
A la tête de la puissante Union générale
des travailleurs d'Afrique noire (UGTAN),
Sékou Touré, arrière-petit-fils
de Samory Touré, mène une action
pour obtenir davantage de représentants
africains dans le gouvernement local. La Constitution
française d'octobre 1946, plus libérale
à l'égard des pays colonisés,
permet la création de partis politiques,
dont Sékou Touré devient la
personnalité la plus importante. Lors
du référendum de septembre 1958,
la Guinée est le seul pays de l'Afrique
francophone à rejeter la proposition
du général de Gaulle concernant
l'intégration des colonies de l'A.O.F.
au sein d'une Communauté française,
ce qui entraîne une rupture immédiate
des relations politiques et économiques
avec la France.
- 2 octobre 1958 : La Guinée
accède à l'indépendance.
Sékou Touré, alors très
populaire dans son pays comme dans tous les
pays d'Afrique, en devient le président.
Il prône alors le panafricanisme, "La
décolonisation intégrale de
toutes les structures du pays" et
la mise en place d'une "société
socialiste". En fait, le régime
se transforme en dictature.
La Guinée indépendante
Après son indépendance, le pays
cherche de l'aide auprès des pays d'Europe
de l'Est et de l'Union soviétique.
Sékou Touré met en place un
régime de parti unique et un système
socialiste strict.
- 1961 : La Guinée adhère,
avec le Mali et le Ghana, à l'Union
des États africains, une fédération
qui ne vit que deux ans. Cible de plusieurs
tentatives d'assassinat, Sékou Touré
accuse la France de comploter pour renverser
son régime.
- Novembre 1965 : Rupture des relations
avec la France.
Les rapports de la Guinée avec ses
voisins, Côte-d'Ivoire, Niger, Sénégal
et Burkina Faso, restent orageux jusqu'en
1978.
L'isolement diplomatique du pays, conjugué
à une économie mal planifiée,
mènent la Guinée à la
faillite et contraignent son président
à assouplir le régime. Il entreprend
alors de nombreux voyages diplomatiques dans
le but d'établir des relations avec
d'autres pays et de trouver des investisseurs
pour exploiter les richesses minérales
considérables de la Guinée.
- 1982 : Une nouvelle Constitution,
renforçant les prérogatives
du PDG au pouvoir, est proclamée.
- 1984 : Après la mort de Sékou
Touré, un gouvernement d'intérim
est mis en place. Il est bientôt renversé
par le colonel Lansana Conté, qui prend
la tête du Comité révolutionnaire
de redressement national (CMRN) et devint
président de la République.
Il amnistie les prisonniers politiques, s'attache
à démanteler le système
socialiste, réduit le pouvoir de l'armée
et se rapproche de la France et de ses voisins.
- 1985 : Le gouvernement de Conté
échappe à une tentative de coup
d'État.
- Fin des années 1980 : La Guinée
s'ouvre au capitalisme occidental en déréglementant
les investissements.
- Décembre 1993 : Les premières
élections pluripartites confirment
Lansana Conté dans ses fonctions. Cependant,
les violentes émeutes qui accompagnent
les élections révélèrent
la fragilité de ce processus démocratique.
- Juin 1995 : Les élections
législatives, contestées par
l'opposition, confirment l'hégémonie
du parti présidentiel.
- 1996 : Une mutinerie, frôlant
le coup d'État, révèle
la démoralisation de l'armée.
La nomination comme Premier ministre de l'économiste
Sydia Touré rassure les organisations
financières internationales, mais n'arrive
pas à entamer l'opposition des deux
grandes communautés, les Peul et les
Malinké, qui reprochent au président
Conté de favoriser les Soussou, originaires,
comme lui, du littoral.
- Décembre 1998 : Lansana Conté
est réélu avec 56 % des suffrages
exprimés. Ces élections sont
violemment contestées par l'opposition,
et son représentant charismatique Alpha
Condé (parti du Rassemblement du peuple
de Guinée) est mis en résidence
surveillée. Voisine de la Sierra Leone,
la Guinée accueille de nombreux réfugiés
de ce pays en proie à la guerre civile,
et subit parfois les incursions des rebelles.
- 12 Avril 2000 : Le procès
d'Alpha Condé débute à
Conakry. |