Histoire de la Guinée Bissau

  • XIIème siècle : Présence de groupes de populations, notamment des Balante.
  • 1446 : La région est découverte par un négrier portugais du nom de Nuno Tristão et devient bientôt une plaque tournante de la traite des Noirs.
  • 1692 : Un comptoir portugais est installé à Bissau. Cependant, Français et Britanniques ont également des prétentions sur la région.
  • 1792 : La Grande-Bretagne fonde une colonie à Bolama qui n'a qu'une existence éphémère.
  • 1879 : La région devient colonie portugaise.
  • 1886 : Règlement d'un différend frontalier avec les Français réglé par un traité.
  • Jusqu'en 1915 : Les Portugais ne parviennent pas à exercer un contrôle total sur le pays.
  • 1952 : La Guinée-Bissau est dotée du statut de territoire portugais d'outre-mer.

La guerre d'indépendance

  • 19 septembre 1956 : Création par Amilcar Cabral d'un mouvement nationaliste africain: le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau et des îles du Cap-Vert (PAIGC).
  • 23 janvier 1963 : Le PAIGC déclenche une guerre d'indépendance. En quelques années, la guérilla prend le contrôle d'importantes portions du territoire.
  • 20 janvier 1973 : Cabral est assassiné à Conakry par la police secrète portugaise. Son frère, Luís de Almeida Cabral, lui succède à la tête du PAIGC, lequel proclame alors l'avènement de la république sur les territoires qu'il contrôle.
  • 10 septembre 1974 : Le Portugal déclare la Guinée-Bissau et le Cap-Vert officiellement indépendants.

Entre dictature et démocratie

Le nouveau gouvernement, avec à sa tête Luís de Almeida Cabral, instaure un régime socialiste de parti unique. Il instaure une réforme agraire et impose un monopole d'État sur le commerce extérieur.

  • Novembre 1980 : Le président Cabral est renversé par un coup d'État militaire fomenté par son Premier ministre, João Bernardo Vieira. La même année, l'union organique avec le Cap-Vert dans le cadre d'un même parti unique, le PAIGC, prend fin. Élu pour cinq ans en 1984, réélu en 1989, Vieira échappe à une tentative de coup d'État en novembre 1985. 
  • 1986 : Le pouvoir amorce la libéralisation, économique d'abord, puis politique, avec l'instauration du multipartisme en 1992.
  • 1994 : Vieira est réélu lors des premières élections pluralistes de la Guinée-Bissau. 
  • Juillet 1996 : La Guinée-Bissau adhère à la Communauté des pays de langue portugaise.
  • 2 juin 1997 : Le franc CFA remplace le peso guinéen constamment déprécié. Les dirigeants guinéens espèrent ainsi désenclaver le pays et attirer les investisseurs étrangers.
  • Juin 1998 : Une mutinerie éclate, conduite par le général Ansumane Mané, ancien chef d'état-major, limogé pour trafic d'armes à destination des indépendantistes de Casamance. Elle conduit à l'intervention des forces armées de la Guinée et du Sénégal et à une tentative de médiation de la Gambie.
  • Novembre 1998 : un accord de paix, signé à Abuja (Nigeria) sous l'égide de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), prévoit la participation d'une force ouest-africaine d'interposition en remplacement des contingents sénégalais et guinéens. Un gouvernement d'union nationale dirigé par le Premier ministre Francisco Fadoul est constitué. Les conflits s'intensifient cependant entre le gouvernement et les rebelles dirigés par Mané, qui ne s'accordent pas sur un cessez-le-feu. 
  • Mars 1999 : Après le départ du contingent sénégalais, le président Vieira est inculpé par une forte majorité de l'Assemblée populaire, et le général Mané est lavé des accusations de trafic d'armes.
  • Mai 1999 : Les forces du général Mané s'emparent du palais présidentiel, chassant Vieira qui se réfugie à l'ambassade du Portugal, conservant le Premier ministre Francisco Fadul. La communauté internationale, et plus particulièrement africaine, réagit peu à ce putsch visant un chef d'État devenu très impopulaire et qui n'a pas fait bénéficier son pays des résultats économiques encourageants qui se sont manifestés.
  • 13 mai 1999 : Malam Bacaï Sanha, président en exercice de l'Assemblée nationale, est nommé chef de l'État par intérim, selon la Constitution, dans l'attente des élections législatives et présidentielle, fixées au 28 novembre 1999.
  • 7 juillet 1999 : L'Assemblée nationale populaire vote une nouvelle Constitution. Le texte abolit la peine de mort, limite le nombre de mandats présidentiels, d'une durée de cinq ans, à deux et stipule que les principales fonctions de l'État ne pourront être occupées que par des personnes issues de père et mère Bissau-Guinéens, écartant ainsi un certain nombre de personnalités des postes de responsables politiques. 
  • Novembre 1999 : L'élection présidentielle voit la défaite du président Bacaïm Sanha et amène au pouvoir Kumba Yalla. Toutefois, le vainqueur ne prend ses fonctions que le 17 février 2000. L'armée, qui rechigne à abandonner les privilèges qu'elle a acquis à la faveur de l'instabilité politique, ne manque pas de faire valoir son importance auprès du pouvoir civil.
  • En septembre 2003, un coup d’État mené par le Général Veríssimo Correia Seabra déposa Yalla.
  • Reportées plusieurs fois, les élections législatives eurent finalement lieu en avril 2004. Seabra fut tué en octobre de la même année par des factions mutinées. D’après le premier ministre Carlos Gomes, les mutins étaient des soldats au service de l’ONU rentrés du Libéria et insatisfaits de n’avoir pas encore été payés.
  • Vieira fut réélu président le 24 juillet 2005.