Economie de l'Ethiopie

Les ressources principales et potentielles de l’Ethiopie sont la terre, l’eau, l’énergie hydroélectrique, le bétail,  la forêt, le minerai et le gaz naturel. La superficie totale du pays est de 1,14 millions de kilomètres carrés, dont on estime que 65 % sont de la terre arable.

Les ressources en eau de l’Ethiopie sont immenses. Ce pays comprend 14 rivières importantes ou moyennes parmi lesquelles le Nil bleu, le Gibe, le Baro le Tekkezé, l’Awash, l’Omo.

En ce qui concerne les ressources animales, le pays se trouve en première position parmi les pays africains et en dixième position parmi tous les pays du monde. On estime le nombre des têtes de bovins à 27 millions, d’ovins à 24 millions et de caprins à 51 18 millions.

L’état des forêts est alarmant; certaines estimations révèlent qu’il y a à peine cent ans, à peu près 40 % de la superficie du pays était boisée; ce pourcentage se situe aujourd’hui aux environs de 3 %. Cependant, bien gérées, les ressources forestières pourraient constituer un potentiel certain pour l’économie.

Le sous-sol renferme de l’or, du gaz naturel, du fer, de l’étain, du lignite et du potassium; il faut ajouter à cette liste l’énergie géothermique potentielle.

Composition du produit national brut (PNB) : L’économie éthiopienne est de type agraire. Plus de 48% du PNB de ce pays dépendent, directement ou indirectement, de l’agriculture. L’industrie moderne ne représente que 13 % du PNB. Les petites entreprises et l’artisanat ne constituent que 4 % du PNB. Les services, y compris la distribution, l’administration publique et les services financiers couvrent une part importante de marché avec plus de 41% du PNB.

Commerce extérieur : L’exportation principale de l'Ethiopie est le café, qui représente 50 % du total des bénéfices de l’exportation, Les autres produits exportés sont l’or, le khat (prononcer tchate), le cuir, les fruits et les légumes, le sucre et la mélasse, les graines oléagineuses, les fleurs, le gros et le menu bétail, les textiles et les épices. Les destinations principales sont l’Allemagne, l’Arabie Saoudite, les Pays-Bas, les Etats-Unis, la Suisse, l’Italie, la Chine, le Soudan et le Japon.
Les importations principales de l’Ethiopie sont comparables à celles des autres pays africains non producteurs de pétrole, c’est-à-dire l’or noir, précisément, des biens d’équipement et du matériel agricole et industriel, des produits chimiques, des engrais, des voitures et d’autres produits de consommation durable ainsi que des produits alimentaires, pharmaceutiques et des textiles. Les pays de provenance sont la Chine, l’Arabie Saoudite, l’Inde, l’Italie, le Japon et les Etats-Unis.

Emploi : Les chiffres dont on dispose sur l’emploi et le chômage ne sont encore que fragmentaires et peu fiables. On estime que plus de 80 % de la main-d’œuvre travaille dans l’agriculture. Certains économistes estiment le taux de chômage en milieu urbain à 40 %.

Agriculture : Sans aucun doute, l’agriculture est l’épine dorsale de l’économie éthiopienne.
Elle représente 95 % des exportations. L’agriculture emploie 80 % de la main d’œuvre. 95% de la surface des terres cultivées sont occupées par de petites exploitations.
La production agricole de l’Ethiopie est relativement diversifiée et comprend des céréales, des oléagineux, des fruits, des légumes et des épices, des tubéreuses et des fleurs.
Le café est le produit d’exportation principal. Les exportations de produits alimentaires tels que les fruits et les légumes, les graines oléagineuses, ont diminué au cours des dernières années. Une mauvaise politique agricole et des sécheresses successives ont entrainé des déficits alimentaires répétés.
Les outils agricoles utilisés dans les fermes n’ont pratiquement pas changé depuis les temps bibliques. Le tandem bœuf-araire est toujours l’outil dominant.
L’utilisation d’engrais en est encore à ses balbutiements, malgré les subsides gouvernementaux.
L’agriculture privée destinée au commerce, bien qu’à échelle assez modeste, a enregistré quelques succès avec des produits tels que graines de sésame, haricots, coton, fruits et légumes. Au moment de la nationalisation par le régime du Derg en 1974, environ 131 000 hectares de terre étaient ainsi cultivés. Le régime du Derg a étendu la zone des fermes à exploitation commerciale sous forme de fermes d’Etat et celles-ci avaient dans leurs plus beaux jours une surface de récoltes de plus de 300 000 hectares. Les fermes d’Etat se sont généralement révélées inefficaces et dès lors, nombre d’entre elles ont été fermées.
Avec son immense potentiel, l’Ethiopie n’est encore parvenue ni à nourrir correctement sa population, ni à mettre sur pied une industrie d’exportation rentable, ni encore à exploiter ses matières premières efficacement. Bien plus que les facteurs naturels tels que l’avancée du désert, les sécheresses périodiques, l’érosion des sols et les ravages causés par les criquets migrateurs, de mauvaises politiques agricoles et des budgets inadéquats, sont la cause du sous-développement de l’agriculture.

Industrie : L’industrie en Ethiopie en est encore à ses balbutiements. Elle représente un peu plus de 12 % du PNB.
Avant la vague des nationalisations entreprises par le régime du Derg, c’est-à-dire avant 1974, l'industrie était largement en mains privées. Le gouvernement actuel a mis en œuvre un plan de privatisations afin de rendre au secteur privé l’activité industrielle. La production industrielle de l’Ethiopie se résume à trois groupes principaux: l’alimentation, les boissons et les textiles.

Le transport et les communications : Le mode de transport principal en Ethiopie est le transport par terre, c’est-à-dire par route ou par chemin de fer. Il prend en charge 93 % du nombre total de passagers et des marchandises transportés. Le chemin de fer entre Addis Abeba et Djibouti est géré conjointement par le gouvernement d’Ethiopie et celui de Djibouti.
Le transport aérien en Ethiopie est assuré par la compagnie Ethiopian Airlines, (Celle-ci fut fondée en 1946 avec l’assistance technique de la compagnie américaine TWA. Les télécommunications et les services postaux sont des services d’Etat. Le transport par mer, suite au conflit de frontière avec l’Erythrée, se poursuit à partir du port de Djibouti. La densité du réseau routier est parmi les moins élevées des pays africains. L’entretien de ce réseau et l’ouverture de nouvelles pistes fait désormais l’objet des priorités gouvernementales. Cela permettra aussi d’aider les populations rurales à rester sur leurs terres.

Les ressources : Le potentiel hydroélectrique et géothermique de l’Ethiopie est important, tout comme les combustibles fossiles, dont les gisements sont principalement situés dans l’Ogaden. L’exploitation du gaz naturel est en période de test.
On estime que 115 milliards de mètres cubes d’eau passent chaque année par les quatre fleuves principaux. Le potentiel d’énergie hydroélectrique du pays est estime à quelque 60 milliards de kilowattheures par an, bien que la production actuelle d’énergie électrique ne dépasse que de très peu le milliard de kilowattheures par an. Il n’est donc pas surprenant que près de 94% de la consommation totale nationale d’énergie provienne de sources traditionnelles telles que le bois de chauffage, le charbon, les résidus fermiers et la traction animale.
Malgré des ressources en eau aussi considérables, l’irrigation des terres, elle, ne représente que 3 % du potentiel et la proportion de la population qui a accès à l’eau potable est faible.
Jusqu’en 1967, des concessions minières ont été données à des investisseurs étrangers qui se sont aussi engagés dans la prospection de minerais. Ces recherches ont donné lieu à la découverte de gisements de fer, de cuivre, de tantale, de soude, de nickel, de potassium, de gaz naturel, de manganèse, de lignite, d’or et, dans une moindre mesure, de platine. Depuis des temps immémoriaux, le sel est aussi exploité en Ethiopie.
Alors que la plupart des minéraux que l’on trouve en Ethiopie ne sont qu’a l’état de ressource potentielle et doivent être exploités, l’or est déjà l’une des principales sources de devises étrangères du pays. A la fin des années 90, les revenus des ventes d’or à l’étranger plaçaient ce produit au quatrième rang des exportations. Les autres minéraux significatifs dans l'économie nationale sont la soude, le tantale, le marbre et le calcaire. La part du secteur minier dans le PNB du pays avoisine 1%.

Monnaie : le birr éthiopien (ETB). 
PIB (2008) : 69,19 milliards de $.
PIB/habitant (2008) : 1370 $ .
Inflation (2005) : 11,6% 
Dette publique (2007) : 31,7 % du PIB.
Importations (2007) : 5,165 milliard de $ (Alimentation, pétrole et produits pétroliers, produits chimiques, machines, véhicules à moteur, céréales, textiles).
Principaux fournisseurs : Arabie saoudite 17%, Chine 15.9%, Inde 7.8%, Italie 5.1%
Exportations (2007) : 1,288 miiliards de $ (café, khat, or, cuir, animaux vivants, huile).
Principaux clients : Allemagne 8.4%, Arabie saoudite 7.1%, États-Unis 7%, Djibouti 6.7%, Chine 6.6%, Italie 6.6%, Japon 5.9%, Pays-Bas 4.9%

Agriculture : L'agriculture est la ressource principale de l'économie éthiopienne, fournissant 85 % des emplois. Le secteur contribue à environ 45 % du PIB et 62 % des exportations totales. Le café contribue à lui seul à 39,4 % des exportations totales en 2001 / 2002.

Productions (1998) : 1,7 million de t. de canne à sucre, 2,5 millions de t. de maïs,
2 millions de t. de tef (variété de millet), 1,5 million de t. de sorgho, 1,5 million de t. d'orge,
1,8 million de t. de blé, 1 million de t. de légumes secs, 204 000 t. de café (2ème rang continental derrière la Côte d'Ivoire, 1ère culture d'exportation), 45 500 t. de coton-graine,
420 000 t. de légumes frais, 118 000 t. de fruits frais, ensete.

Cheptel : L’Éthiopie est le premier pays d’Afrique et parmi les dix premiers dans le monde en termes d'élevage. Ce secteur inclut 35 millions de bétail, 12 millions de moutons et 10 millions de chèvres. Les occasions d’investissement sont potentiellement attirantes dans l'élevage commercial et moderne, la production et le traitement de la viande, du lait et des œufs.

Mines et industries : L'industrie est jusqu'à présent à sa première phase de développement et représente environ 15 % du PIB. Ces industries sont principalement engagées dans la production de produits alimentaires, textile, habillement, teinture et vêtements en cuir, chaussures, bagages et sacs à main, fabrication de bois et dérivés (l'Éthiopie possède environ 2,5 millions d’hectares de forêts naturelles), produits en caoutchouc et en plastique, chimie et produits chimiques, fabrication de fer de base et d’acier ainsi que l'assemblage de voitures, des caravanes et des semi-remorques. L'industrie agroalimentaire est le sous-secteur le plus vif et enregistre des augmentations continuelles et significatives dans la production depuis 1992. Durant le premier semestre 2001, l'Éthiopie a exporté l'équivalent d’environ 54,8 millions de Birr de produits alimentaires. En reconnaissant que le secteur privé est le moteur du développement industriel, le gouvernement éthiopien a mis au point un nombre de mesures qui permettraient au secteur de devenir un concurrent efficace dans la mondialisation, là où la compétitivité du marché est la règle absolue du jeu. Il a introduit des mesures qui décourageront la réalisation de profits illégaux et encourageront et offriront un appui à ceux qui s’engagent dans de véritables activités d’affaires et contribuent au développement de l’économie nationale.

Le secteur financier est très peu développé, ce qui ralentit le développement du pays. L'Éthiopie ne dispose pas d'une place boursière. Le secteur financier de l’Éthiopie est de taille relativement restreinte. Le Gouvernement domine les activités de prêt, contrôle les taux d’intérêt et possède la plus grande banque du pays (Commercial Bank of Ethiopia) qui représente deux tiers de l’encours total.
La banque centrale (National Bank of Ethiopia) a le monopole pour toutes les transactions en devises et assure le contrôle de tous les paiements et transferts de fonds en devises.
Ces dernières années, l’État a autorisé le secteur privé local à participer aux activités bancaires, mais la propriété étrangère des banques et les opérations des succursales étrangères demeurent strictement interdites. En 2008, il y avait trois banques étatiques, neuf banques privées (contrôlant 30 % de tous les actifs bancaires en 2006), et neuf sociétés d’assurance. La banque de détail est peu développée. Le change est réglementé.

Tourisme : Le potentiel touristique est encore très peu exploité alors que le pays a beaucoup à offrir aux touristes :

 
  • paysages comparables avec les pays voisins (Kenya, Tanzanie),
  • sites historiques impressionnants,
  • monuments semblables à l'Égypte.

Avec son héritage culturel unique, ses magnifiques paysages, son climat agréable, une abondante et riche faune et flore, d'importants sites archéologiques, un tel potentiel devrait placer l'Éthiopie parmi les principales destinations touristiques d’Afrique. De plus, l'Éthiopie n'ayant jamais été colonisée, il n'existe pas de tensions raciales et sociales contrairement au reste de l'Afrique. Il y a donc d’énormes opportunités pour l’investissement privé dans l'hôtellerie et la restauration.

Communications : L'Éthiopie a un système de transport essentiellement axé sur un réseau routier assez développé qui relie la capitale, Addis-Abeba, aux principales villes du pays. En revanche, il n'existe qu'une seule ligne de chemin de fer reliant Addis Abeba au port de Djibouti. Le transport aérien est en plein développement, avec des liaisons internes et vers la plupart des pays d'Afrique, d'Asie, d'Europe et d'Amérique du Nord.
- Aéroport international d'Addis Abeba et une quinzaine d'aéroports secondaires.
- 680 km de chemin de fer (ligne Addis Abeba - Djibouti)
- 28 000 km de routes, dont 4 000 km bitumés.