Economie de la Côte d'Ivoire

Francs CFA

(XOF) (voir : Billets de Banque de l'A.O.F. et CFA de l'Afrique de l'Ouest)

Le redressement entamé par l’économie ivoirienne s’est poursuivi en 2009, malgré le contexte de crise internationale.
La croissance s’est élevée à 3.6 % en 2009 et l’inflation a reculé, grâce à un bon approvisionnement du marché local et un dégel des prix internationaux.
La réunification du pays, entre anciennes zones rebelles du Centre Nord Ouest (CNO) et régions contrôlées par l’armée régulière, a permis d’amortir le choc de la crise.
Le pays a en effet renoué avec les bailleurs de fonds et engagé une politique budgétaire prudente. D’autres facteurs positifs ont joué en 2009, tels que la bonne pluviométrie et l’évolution favorable des cours du café, du cacao et du pétrole.
La reprise devrait se consolider en 2010, si les élections présidentielle et législatives, plusieurs fois reportées, se déroulent dans un climat de paix. Dans cette hypothèse, la croissance devrait s’élever à 3.9 % en 2010 et 4.5 % en 2011. 

La réunification du pays n’a pas eu que des avantages : elle complique en effet la mobilisation des ressources publiques. L’administration fiscale exerce une forte pression, tandis que le tissu fiscal disponible tend à être surexploité.
Le mauvais recouvrement de l’impôt s’explique aussi par l’importance du secteur informel et l’absence de civisme. La fraude fiscale se solde par un manque à gagner annuel d’environ 120 milliards (franc CFA BCEAO (XOF) pour l’État.
Aussi les autorités poursuivent-elles une politique d’élargissement de l’assiette fiscale et d’amélioration du rendement de l’impôt. Plusieurs réformes ont été engagées sur les patentes, l’impôt général sur le revenu, l’impôt foncier et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).

Les mesures envisagées concernent la simplification des déclarations d’impôts, le renforcement des impôts et taxes intérieurs par rapport aux droits de douane, ainsi qu’une fiscalité optimale sur le secteur pétrolier et le secteur informel.

L’objectif consiste à relever la pression fiscale, avant 2011, à un minimum correspondant à la norme communautaire de 17 % du PIB, fixée par l’Union économique et monétaire de l’Ouest africain (UEMOA).

1. La situation économique

Caractéristiques macroéconomiques :

  • volume du produit intérieur brut (PIB) en nette progression depuis 2004 passant de 8178,5 à 10925 Milliards en 2009 (Fcfa constants)
  • le PIB a connu un taux de croissance moyen de +1,6% sur les 5 dernières années ,se situant à +3,7% en 2009; les prévisions de croissance pour 2010 sont de +4%
  • une dette publique qui est passée de 73,45 % du PIB en 2005 à 58,5 % en 2008 ;
  • un service de la dette qui a représenté 9,3 % des recettes d’exportations en 2008 contre 9,6 % en 2007
  • balance commerciale positive équivalente à 14,4 % du PIB en 2008, contre 13 % en 2007

Analyse sectorielle :

  • le secteur primaire reste important par sa contribution au PIB avec 28,1 % ;
  • le secteur secondaire a vu sa valeur ajoutée réelle croître en 2008 de 3,7 %, tirée par le BTP (Bâtiment & travaux publics) ainsi que les produits pétroliers ; ce secteur représente 22 % du PIB ;
  • le secteur tertiaire représentant près de 36,6 % du PIB en 2008, a connu lui aussi une augmentation de sa valeur ajoutée (2,4 %).

2. DES SIGNES PROBANTS DE DECOLLAGE FUTUR DE L’ACTIVITE ECONOMIQUE

I- Mesures prises par le Gouvernement

De nombreux signes d’une reprise réelle de l’activité économique sont perceptibles, et au nombre de ceux-ci:

  • le rétablissement de relations avec les partenaires au développement ; ce qui a conduit à l’octroi d’un certain nombre d’appui financier, notamment du groupe de la Banque Mondiale ;
  • Les perspectives d’allègement du poids du service de la dette avec l’initiative PPTE,
  • Des obstacles existent face au développement du secteur privé (voir le rapport Doing Business ou le Classement pays du forum économique mondial (WEF 2008/2009), mais l’engagement de l’Etat à faire du secteur privé le moteur de la croissance existe :
  • mesures d’allègement fiscal mis en place (réductions de BIC, baisse de l’IMF etc..) ;
  • élaboration d’un nouveau code d’investissement plus attractif ;
  • volonté affichée de réduction des arriérés intérieurs ;
  • Désengagement de l’Etat du secteur productif (privatisation des entreprises publiques) 
  • Conduite des réformes dans des secteurs comme l’énergie (candidature d’adhésion à l’initiative pour la transparence des industries extractives – ITY), l’agriculture (réformes des filières café et cacao), pour ne citer que ces deux secteurs,

II - Potentialiés et Atouts

– Au plan agricole

  • Terres cultivables : 24 millions d’hectares ; Surfaces totales cultivées : 9,5 millions d’hectares ;
  • 350.000 hectares de plan d’eau intérieure ; 150.000 hectares de lagunes ;
  • Une position géographique privilégiée (pays tropical humide, assez proche de l’Europe, du Maghreb et du Proche-Orient) ; Une agriculture relativement diversifiée ; Un potentiel d’eau souterraine de 38 milliards de m³.
  • L’industrie constitue l’essentiel du secteur privé formel et comprend 24 branches depuis 2008.

- Au plan industriel

Les industries agroalimentaires et chimiques se démarquent respectivement avec 33% et 28,5% du tissu industriel national. Ces deux grands secteurs sont suivis de ceux des industries de l’énergie électrique et de l’eau, et des industries des métaux de construction, avec respectivement 8,9%, 8% et 5,3% du tissu industriel national.

  • Depuis 2007, la Côte d’Ivoire totalisait 2402 entreprises industrielles de plus de dix salariés dont 1296 pour la branche agroalimentaire et la pêche

– Les services et le commerce

  • C’est environ 70 % des entreprises modernes; 

Les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) ont connu une forte expansion au cours de la dernière décennie. En 2006, les investissements se situent à 139,2 milliards de FCFA pour la téléphonie mobile. Ce secteur génère annuellement environ 70 milliards de FCFA de TVA.

• La téléphonie mobile domine ce secteur avec 63,5% du chiffre d’affaires en 2004, est exploitée, depuis 2008, par cinq opérateurs qui se partagent plus de 9 000 000 d’abonnés.

Internet : L’accès  est en progression avec neuf opérateurs qui fournissent des prestations à plus de 1.200.000 internautes depuis 2004

Population

– La population est estimée à près de 21 millions d’habitants depuis 2008 avec une urbanisation rapide (48% de citadins en 2007) ;

– L’armature urbaine comprend 127 villes dont 8 ont plus de 100 000 habitants, dominée par la mégalopole d’Abidjan qui concentre plus de 44% de la population urbaine

Infrastructures

  • Patrimoine Routier : routes interurbaines : 82 000 km
  • Routes bitumées : 6.514 km
  • 142 km d’autoroute
  • 4 000 km de voirie urbaine

Voir : Exploitation forestière en Côte d'Ivoire

Sources :

OCDE
Commission UEMOA – comité de convergence BCEAO 2007
Côte d’Ivoire – perspectives économiques en Afrique
Ministère Economie & Finances – Direction de la Prévision
Ministère du Plan et du Développement – INS- DSRP- ENV.2008