-
1890 : La colonisation française
est marquée par l'implantation
de compagnies concessionnaires possédant
d'immenses superficies et exploitant
les richesses naturelles sans investir
ni préparer l'avenir économique
et social du territoire. Le travail
forcé et le portage administratif,
les conditions de travail inhumaines
déciment les populations (peut-être
300 000 morts entre 1890
et 1910).
- 1903 : La région prend
le nom de Moyen-Congo.
- 1910 : Le Moyen-Congo devient
une colonie intégrée au
sein de l'Afrique-Équatoriale
française. Divers scandales,
comme le coût humain de la construction
du chemin de fer Congo-Océan
(Brazzaville-Pointe-Noire) entraînent
de vigoureuses protestations, dont celle
de l'écrivain André Gide
dans
Voyage au Congo et les reportages
d'Albert Londres, qui obligent les autorités
françaises à retirer aux
compagnies les concessions qu'elles
détiennent, du moins la plus
grande partie.
- A partir des années vingt
: Comme à l'époque
de la domination portugaise, la population
réagit en suivant les mouvements
syncrétiques politico-religieux
du kakisme et du kibanguisme qui naissent
en réaction à ces excès
de l'époque coloniale.
Brazzaville, symbole de la décolonisation
- Seconde Guerre mondiale : Brazzaville,
ville principale de la colonie, capitale
de l'A.E.F., devient la capitale de
la France libre.
- 1940 : Les gaullistes enlèvent
le haut-commissariat de Brazzaville
aux vichystes.
- Janvier 1944 : Le général
de Gaulle réunit à Brazzaville
les représentants des territoires
de l'empire colonial français
et jette les bases de l'Union française.
- 1946 et 1958 : A Brazzaville,
encore, il prononce les discours qui
annoncent la décolonisation.
Brazzaville devient ainsi un symbole
de l'Afrique indépendante.
- 28 septembre 1958 : Référendum
relatif à l'indépendance.
- 15 août 1960 : Le Moyen-Congo
accède à l'indépendance
sous la dénomination de république
du Congo.
- Août 1963 : Le premier
président, l'abbé Fulbert
Youlou, est renversé au cours
d'une révolution populaire qui
porte au pouvoir Alphonse Massemba-Débat,
l'ancien président
de l'Assemblée nationale. Les
difficultés économiques
et le contexte politique régional
- la guerre du Congo-Kinshasa devenu
le
Zaïre
- accentuent l'instabilité politique.
Le pays se rapproche de la Chine communiste.
- 1968 : Massemba-Débat
est renversé par le capitaine
Raoul.
- Janvier 1969 : Le capitaine
Raoul est renversé par le commandant
Marien N'Gouabi qui imprime au Congo
une orientation marxiste.
- Janvier 1970 : Le pays devient
la République populaire du Congo.
- 18 mars 1977 : Assassinat de
N'Gouabi qui est remplacé par
le colonel Yhombi-Opango. Des liens
politiques et économiques étroits
sont maintenus entre la France et le
Congo. Celui-ci se garde bien, ainsi,
d'africaniser le nom de sa capitale
contrairement aux autres capitales africaines.
- 1979 : Le colonel Denis Sassou-Nguesso
succède à Yhombi-Opango.
- 1981 : Signature d'un traité
de coopération et d'amitié
avec l'URSS.
- 1984 puis 1989 : Réélection
de Sassou-Nguesso qui doit faire face
à une opposition grandissante,
alimentée par la dégradation
économique (baisse du prix du
pétrole et endettement).
Une difficile démocratisation
- 1991 : A l'issue de la conférence
nationale, une nouvelle Constitution
abolit les références
marxistes et institue une démocratie
pluraliste.
- Août 1992 : Pascal Lissouba
remporte l'élection présidentielle
avec 61,32 % des voix. Après
avoir été élu,
Lissouba est accusé de régionalisme
et de dérive autoritaire par
son adversaire Sassou-Nguesso.
- 1992 : Le pays renoue avec
l'instabilité politique : dissolution
du Parlement et remplacement du Premier
ministre Claude-Antoine Da Costa par
le général Yhombi-Opango.
De juillet 1993 à 1994 :
Brazzaville est le théâtre
d'une guerre civile opposant partisans
du président Lissouba, partisans
de l'ancien président Sassou-Nguesso
et partisans de Bernard Kolélas,
dirigeant du principal mouvement d'opposition
et maire de Brazzaville.
- 1995 : Le conflit, qui aurait
provoqué la mort de deux mille
personnes et entraîné le
déplacement à l'intérieur
du pays de cent mille personnes, ne
s'apaise qu'avec l'entrée de
quatre membres de l'opposition au gouvernement.
Cependant, l'État ne parvient
pas à contrôler les milices
partisanes armées, recrutant
parmi les jeunes Congolais touchés
par le chômage et encadrées
par des militaires.
- Juin 1997 : La guerre civile
reprend de plus belle alors qu'une élection
présidentielle doit avoir lieu
en juillet.
- 5 juin 1997 : L'armée
appuyée par les "Zoulous"
(la milice privée du chef de
l'État) encercle la résidence
de Denis Sassou-Nguesso. Celui-ci répond
en s'appuyant sur sa propre milice (les
"Cobras"). Durant quatre mois,
de violents affrontements se déroulent
dans Brazzaville, la dévastant
et la vidant de ses habitants. Dans
l'incapacité de l'emporter avec
leurs seules forces, les belligérants
font appel à des aides extérieures
: Lissouba, bientôt allié
de Kolélas, a recours à
des pilotes d'hélicoptères
Mi-24 des anciens pays de l'Est, Sassou-Nguesso
fait, quant à lui, appel aux
forces du président angolais
Dos Santos dont il a toujours été
proche politiquement. Ces dernières,
qui interviennent en masse en profitent
pour prendre à revers leurs adversaires
de l'UNITA alliés traditionnels
des Congolais de Kinshasa.
- 16 octobre 1997 : Sassou-Nguesso,
victorieux, déclare la fin de
la guerre (dont le bilan serait de 4
000 à 10 000 morts), appelle
à la réconciliation des
Congolais.
- 25 octobre 1997 : Sassou-Nguesso
se proclame président après
avoir formé un gouvernement d'union
nationale dont l'éventail se
révèle vite bien étroit.
Ce dernier a pour mission de déterminer
la durée et les modalités
de la période de transition précédant
la tenue d'élections générales.
- 1999 : Les combats reprennent
entre armée et "Ninjas".
La guerre civile laisse des traces indélébiles
et divise profondément le pays
: le Nord restant proche de Sassou-Nguesso,
le Centre-Ouest rattaché à
Lissouba (en exil), et la région
du Pool (Brazzaville) à Kolelas
(en exil). Le Congo devient une zone
où les miliciens non payés
font régner l'insécurité.
En demandant l'aide de l'
Angola,
le pays s'est trouvé impliqué
dans le grand conflit qui frappe la
région des Grands lacs.
- Décembre 1999 : Un accord
de paix a été conclu entre
toutes les factions armées du
pays. Le fossé semble pourtant
demeuré entre les acteurs politiques
de l'intérieur et ceux dont l'exil
se prolonge. Après la cessation
de la guerre, le gouvernement congolais
devra désormais se consacrer
à la reconstruction et à
la réhabilitation des infrastructures
détruites.