| - 1456 : Les Portugais abordent
aux îles du Cap Vert, terres probablement
inhabitées. Cette découverte
est sujette à controverse, tantôt
attribuée à des navigateurs
vénitiens et génois, tantôt
à des navigateurs portugais. Elles
sont en revanche fréquentées
de longue date par les pêcheurs sénégalais.
- 1460 : Le navigateur Diego Gomes
prend possession de l'archipel au nom du Portugal.
- 1494 : Les îles du Cap Vert
deviennent domaine de la Couronne, après
que les droits portugais sur les îles
aient été consacrés par
le traité de Tordesillas. Terre de
marins, recrutés dès le XVIIème
siècle pour la pêche à
la baleine, escale pour les navires portugais
en route vers le Brésil, le Cap-Vert
devient également un important centre
de la traite des Noirs vers l'Amérique,
le commerce des esclaves d'Afrique occidentale
vers le Nouveau Monde transitant essentiellement
par le Cap-Vert. Les colons de l'archipel
font également venir des esclaves du
continent africain pour les faire travailler
dans les plantations. Le peuplement des îles
est tardif.
- 1727 : Peuplement de São Vicente.
- 1781 : Peuplement de Sal.
- 1831 à 1833 : Sécheresses
meurtrières sur l'archipel (30 000
morts).
- 1866 : Abolition définitive
de la traite.
- 1879 : Détachement de la Guinée-Bissau.
Pour des raisons d'effondrement économique,
émigration libre vers les États-Unis
et forcée vers les colonies portugaises
d'Angola et de São Tomé et Principe.
- 1903-1904 et 1914 : Sécheresses.
- 1926 : A Lisbonne, arrivée
au pouvoir des militaires en 1926 puis de
l'Estado Novo de Salazar.
- 1941-1942, 1946-1948 : Famines successives
qui tuent, selon certains historiens, environ
20 000 personnes (sur 150 000 habitants) dans
l'indifférence générale,
car le pays est fermé aux étrangers,
entraînant des départs clandestins
massifs de Cap-Verdiens vers le Sénégal,
puis dans les années cinquante et soixante,
vers l'Europe, notamment vers la France, les
Pays-Bas et la Belgique, où se forment
la plupart des cadres du mouvement indépendantiste.
L'actuel président de la République
est issu des Cap-Verdiens qui ont émigré
en Belgique.
- 1951 : Le Cap-Vert devient un territoire
d'outre-mer.
- Septembre 1956 : Amilcar Cabral,
un ingénieur agronome cap-verdien né
au Cap-Vert, formé à l'université
de Lisbonne, fonde le parti africain pour
l'Indépendance de la Guinée
portugaise (future Guinée-Bissau) et
du Cap-Vert (PAICG).
- 1959 : Engagement de Cabral dans
la lutte armée contre le colonisateur.
Le mouvement, bien qu'Amilcar Cabral ne soit
pas lui-même marxiste, prend une orientation
nationaliste révolutionnaire et marxisante
- Janvier 1973 : Assassinat de Cabral
à Conakry en janvier 1973. Radicalisation
du pouvoir. S'appuyant sur des sanctuaires
situés en territoire sénégalais
et en Guinée, la guérilla réussit
à contrôler les deux tiers de
la Guinée-Bissau, tandis qu'au Cap-Vert,
le mouvement reste clandestin.
- 1975 : Après la révolution
des Oeillets au Portugal, le Cap-Vert et la
Guinée-Bissau accèdent à
l'indépendance et constituent un État
commun, dirigé par Luis Cabral, le
frère d'Amilcar. Des frictions opposent
cependant assez vite îliens et continentaux.
- 14 novembre 1980 : Après la
séparation des deux pays, lors du coup
d'État en Guinée-Bissau, l'archipel
est maintenu sous le régime du parti
unique. Le Cap-Vert, bien qu'appartenant à
la mouvance communiste, se rapproche des pays
occidentaux - il dépend toujours de
leur aide - et de l'Afrique du Sud. L'aérodrome
de Sal sert notamment de lieu de ravitaillement
aux avions sud-africains interdits d'escale
dans les autres aéroports africains,
en raison du boycottage lancé contre
le régime d'apartheid. Une très
forte opposition au régime se manifeste
quand le PAICV décide d'autoriser l'avortement
et de mettre en ouvre une réforme agraire.
L'opposition se regroupe autour de l'Église
catholique et du journal Terra Nova, tandis
que les émigrés font pression
économiquement sur le régime
en cessant de rapatrier leur devises (en moyenne,
20 000 escudos par habitant entre 1990 et
1994).
- 1986 : Création de l'IAPE
(Instituto de apoio e proteção
ao emigrante, "Institut pour le soutien
et la protection des émigrants")
et ouverture de comptes spéciaux pour
drainer l'argent des émigrés
et créer des infrastructures économiques
permettant une légère amélioration
de la situation économique dans les
îles les plus pauvres comme Boa Vista,
Santo Antão et Maio, sans pour autant
freiner les départs de population.
- 1990 : Le PAICV accepte d'organiser
des élections libres, persuadé
de les remporter.
- 13 janvier 1991 : Les élections
démocratiques sont remportées
par le Mouvement pour la démocratie
(Movimento para a Democracia, MPD), le premier
parti d'opposition dirigé par Carlos
Veiga.
- 17 février 1991 : Antonio
Mascarenhas Monteiro est élu président
de la République.
- 1994 : La sécheresse détruit
presque toutes les récoltes.
- 1995 : Invasion de criquets migrateurs
ravageant les cultures.
- 1996 : Nouvelles élections
encore remportées par le MPD. Le président
de la République, Antonio Mascarenhas
Monteiro, et le chef du gouvernement, Carlos
Veiga, gèrent une situation délicate.
Économiquement, le pays dépend
toujours de la diaspora cap-verdienne. L'agriculture
est toujours incapable de subvenir aux besoins
des Cap-Verdiens (les récoltes des
deux dernières années ont été
médiocres). Sur le plan international,
le Cap-Vert fait partie, depuis juillet 1996,
de la Communauté des pays de langue
portugaise, et ses 40 000 émigrés
vivant au Portugal ont obtenu le droit de
vote aux municipales dans ce pays soucieux
d'éloigner son ancienne colonie des
tentations de l'adhésion à la
Communauté francophone. |