- 8 000 avant J.C.
: Occupation humaine au bord du lac Tanganyika.
Il semble que les Pygmées (peut-être
les ancêtres des Twa) occupaient déjà
le pays à l'arrivée des agriculteurs
(peut-être des Bantou) au premier millénaire
auquel correspondent les premiers vestiges
de métallurgie du fer.
- XVème siècle : Installation
des pasteurs tutsi dans la région ;
ils imposent un système féodal
et de castes, fondé sur la possession
du bétail, dans lequel les Hutu sont
dominés politiquement . Cette société
féodale est dirigée par un roi,
le mwami, mais les structures politiques et
sociales ne sont pas aussi rigides qu'au Rwanda.
Le mwami ne dispose pas d'un pouvoir absolu
et les divers clans royaux, les ganwa, intriguent
pour le contrôle du pouvoir. Les mariages
entre Hutu et Tutsi sont également
plus courants au Burundi, où les Hutu
jouissent en outre d'une plus grande autonomie
économique. Par son ouverture sur le
lac Tanganyika et la proximité de la
grande route d'Afrique centrale vers Zanzibar,
le Burundi est plus au fait des idées
nouvelles que son frère jumeau du nord.
Colonisation
- 1880 à 1890 : Colonisation
du Burundi par l'Allemagne sous son appellation
locale d'Urundi, puis intégration à
l'Afrique-Orientale allemande, avec le Rwanda
(appelé Ruanda par les colonisateurs).
- Première Guerre Mondiale :
Les troupes belges du Congo s'emparent des
deux petits pays avec l'aide des Britanniques
et constituent le territoire du Ruanda-Urundi
avec Usumbura (aujourd'hui Bujumbura) comme
capitale.
- 1923 : Le Ruanda-Urundi est placé
sous mandat belge par la Société
des Nations (SDN) et maintenu sous tutelle
belge par l'Organisation des Nations unies
(ONU) après la Seconde Guerre mondiale.
- 1925 : Le colonisateur belge met
en place un régime d'indirect rule
favorisant l'aristocratie tutsi . Le clivage
entre les deux communautés est institutionnalisé,
l'origine ethnique devenant l'un des critères
d'identification administrative des personnes.
De la monarchie à la république
militaire
- 1er juillet 1962 : Accession du Burundi
à l'indépendance. Le pays devient
une monarchie constitutionnelle, membre des
Nations unies. Cette indépendance se
réalise sous des auspices défavorables.
- Octobre 1961 : Assassinat du prince
héritier Rwagasore, qui prônait
une participation de toutes les communautés
au pouvoir, suivi de celui du Premier ministre
(Hutu) Pierre N'Gendandunwe, marquant le début
de l'instabilité politique, durant
laquelle se succèdent coups d'État
des militaires tutsi, insurrections Hutu suivies
de massacres massifs des insurgés (en
1965, 1972, 1988 et 1992). La révolution
antiféodale au Rwanda voisin pousse
en effet les Hutu à revendiquer le
partage du pouvoir.
- Juillet 1966 : le mwami Mwambutsa
IV est déposé par les militaires
qui le remplacent par son fils, le moderniste
Ntare V. Quatre mois plus tard, le capitaine
Michel Micombero prend le pouvoir, proclame
la république et est nommé président.
Il tente notamment de diminuer l'influence
de l'Église.
- Novembre 1976 : Micombero est évincé
par un coup d'État qui mène
au pouvoir le général Jean-Baptiste
Bagaza. La paix entre les Tutsi, au pouvoir,
et la majorité Hutu demeure précaire.
- 1981 : Nouvelle Constitution consacrant
le parti unique. Élu au cours d'une
élection pour
- 1984 : Election du candidat unique,
Bagaza .
- Septembre 1987 : Bagaza est déposé
par un nouveau coup d'État et remplacé
par le major Pierre Buyoya, chef d'un comité
militaire de salut national. Le nouveau dirigeant
affirme sa volonté d'établir
un système plus égalitaire entre
les communautés, manifestée
par la libération des prisonniers politiques
et par le retour à la liberté
de culte.
- Août 1988 : Nouveaux massacres
de Hutu
Démocratisation et guerre civile
- Mars 1992 : Ratification par référendum
d'une nouvelle Constitution instaurant le
multipartisme.
- Juin 1993 : Election démocratique
de Melchior N'Dadaye, Hutu, membre du Frodebu,
élu avec 60 % des voix.
- Juillet 1993 : Assassinat de Melchior
N'Dadaye lors d'une tentative de putsch par
des militaires tutsi. Déclenchement
d'une nouvelle vague de violence qui chasse
des milliers de Hutu vers le Rwanda voisin.
Cyprien Ntaryamira, un autre Hutu, succède
à N'Dadaye et tente de mettre un terme
à la répression menée
par l'armée dominée par les
Tutsi.
- 6 avril 1994 : Cyprien Ntaryamira
est tué à son tour, en même
temps que le président du Rwanda, Juvénal
Habyarimana, leur avion ayant été
atteint par un ou deux missiles antiaériens
à l'aéroport de Kigali (Rwanda).
Sylvestre Ntibantunganya, ancien président
de l'Assemblée nationale, assume les
fonctions de président tandis que des
massacres massifs visant Tutsi et Hutu modérés
ensanglantent le Rwanda voisin et menacent
de gagner le Burundi. Depuis, ce pays est
en proie à une guerre civile larvée.
- Mars 1996 : Le rapporteur spécial
des Nations unies, chargé d'enquêter
sur la situation au Burundi, estime à
15 000 morts, en 1995, le nombre des victimes
d'un "génocide au compte-gouttes",
touchant plus particulièrement les
élites Hutu (instituteurs, infirmiers,
etc.). L'organisation Amnesty International
dénonce, de son côté,
les conditions dans lesquelles vivent les
70 000 réfugiés ruandais dans
les camps du Burundi. Selon elle,
1 500 réfugiés seraient tués
chaque mois par les forces de sécurité
burundaises ou par les milices tutsi.
- Juillet 1996 : L'ancien président
Pierre Buyoya prend le pouvoir et chasse le
président Hutu Les pays voisins, suivis
par la communauté internationale, décrètent
un embargo tandis que la rébellion
Hutu gagne plusieurs régions du pays.
- 1997 : Massacre des 300 000 réfugiés
Hutu ruandais du Kivu par les troupes ruandaises
alliées à Kabila touchant également
des réfugiés burundais. Ceux-ci
étaient nombreux aussi en Tanzanie,
où leur présence a suscité
de fortes tensions entre les deux pays.
- Juin 1998 : Les négociations
d'Arusha (Tanzanie) sous la médiation
de l'ancien président tanzanien Julius
Nyerere, tentent d'élaborer un "programme
général de gouvernement de transition"
impliquant les belligérants, mais sans
les convaincre suffisamment.
- Janvier 1999 : Levée de l'embargo.
Le pouvoir développe alors une politique
de "villagisation" en regroupant
les populations Hutu en hameaux mais sans
autre effet que d'accentuer le mécontentement
populaire.
Les conflits qui ont ensanglanté le
Rwanda et le Congo ont eu des effets directs
sur la guerre civile au Burundi, les réfugiés
Hutu partageant le même sort que ceux
des pays voisins et soutenant leurs rébellions
respectives ainsi que les insurgés
ougandais.
Le partage du pouvoir Hutu reste essentiel
pour la majorité, tandis que la mainmise
sur l'armée demeure primordiale pour
la minorité tutsi. En quatre ans, la
guerre civile au Burundi a fait près
de 200 000 morts.