Sécurité en Algérie

Les menaces renouvelées d’Al-Qaïda au Maghreb Islamique contre les intérêts français, la persistance d’attaques menées par les groupes terroristes, principalement contre les forces de l’ordre dans le quart nord-est du pays, mais susceptibles de concerner aussi bien les étrangers et d’autres régions, et la dangerosité accrue de la zone sahélienne, limitrophe de l’Algérie, aboutissent à ce que le risque terroriste reste élevé en Algérie.

Ce risque concerne toutes les régions en Algérie, aussi bien les régions du Nord que le Grand Sud.

Nord du pays : Le risque d’action terroriste est le plus élevé en Kabylie et dans certaines wilayas (départements) du quart Nord-Est où des actions de groupes terroristes se produisent plusieurs fois par semaine. Avec la fin de la période hivernale, le rythme d’action des groupes armés est redevenu dense: plusieurs attentats particulièrement meurtriers se sont produits en avril 2011 en Kabylie et dans la région de Boumerdes (50 km à l’est d’Alger). Dans ces régions, tout déplacement par voie routière, même avec une escorte au demeurant nécessaire, doit être considéré avec la plus grande prudence. Tout en restant prudent en toute circonstance et sur tous les axes, il est nécessaire d’éviter les axes secondaires et non surveillés et de ne pas circuler la nuit.

Grand Sud algérien : Ce risque concerne également le Sud du pays, en particulier les régions immédiatement limitrophes des pays du Sahel (Mali, Mauritanie, Niger) où des enlèvements d’Occidentaux ont pu être constatés et peuvent se produire de nouveau, notamment pendant la saison touristique (octobre-avril). L’enlèvement d’une ressortissante italienne au Sud de Djanet le 2 février 2011 souligne la réalité de ce risque. Les régions les plus touristiques (Tamanrasset, Djanet notamment) sont particulièrement exposées à cet égard.

Pour cette raison, il est formellement déconseillé de se déplacer dans ces deux régions pour le moment (cf. zone rouge dans la carte ci-dessous). Il en découle naturellement que tout projet de se rendre au Mali, au Niger ou en Mauritanie par voie terrestre en traversant le territoire algérien est à proscrire.

S’agissant du Sud algérien autre que les régions de Djanet et Tamanrasset, les autorités algériennes demandent d’utiliser exclusivement les agences de tourisme qu’elles ont agréées. En cas de présence dans la région, il est très vivement recommandé de prêter une attention absolue aux consignes de sécurité algériennes, de ne surtout pas chercher à se soustraire à ces consignes et d’adopter en général un comportement aussi discret que possible.

Dans les grandes villes algériennes : Le risque terroriste est contenu par le dispositif sécuritaire déployé mais il reste nécessaire de faire preuve de prudence. Outre le terrorisme, ces villes ont pu connaître des émeutes urbaines dans certains quartiers populaires (y compris à Alger et Oran encore récemment) et des mouvements sociaux importants. Il convient donc d’adopter un comportement aussi peu ostentatoire que possible et d’entourer ses déplacements, notamment dans les quartiers sensibles, de mesures de précaution et d’une attitude de vigilance.

Il reste donc absolument nécessaire de suivre rigoureusement les consignes liées aux déplacements en Algérie telles qu’elles figurent sur ce site. En cas de doute, il est conseillé d’approcher les services consulaires français.

Il convient d’éviter, dans la mesure du possible et quelle que soit la région, les déplacements répétés à itinéraire et horaire constants.

Le risque terroriste n’est pas le seul en Algérie. Il convient de garder à l’esprit deux autres dangers potentiels: le risque sismique et le risque de mouvement urbain ou de délinquance dans les grandes villes. Les autorités algériennes ont constaté une recrudescence de la délinquance et de la petite criminalité, ce qui doit amener chacun à adopter les consignes de prudence habituelles dans les villes exposées à ce type de danger.
En outre, il n’est pas rare que des conflits sociaux ou des tensions autour de certains quartiers dégénèrent de manière violente sur la voie publique, malgré l’existence d’un état d’urgence qui interdit en théorie toute manifestation. A l’évidence, il convient de rester attentif à ce type de mouvements, de ne pas s’en approcher et, dans le cas où une manifestation de ce type commencerait à proximité, de quitter les lieux aussitôt et de regagner au plus vite des quartiers plus calmes, voire des espaces sécurisés (hôtels par exemple).
Compte tenu d’une circulation automobile intense, la plus grande prudence est recommandée en ville et sur les routes.

Précisions risque terroriste : Le terrorisme est sans commune mesure avec la situation qui prévalait dans les années 1990 mais est encore une réalité en Algérie. Le Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC) a adopté une nouvelle dénomination, "Al Qaïda au Maghreb Islamique" (AQMI). Il est actif et commet des attentats qui font de nombreuses victimes parmi les forces de l’ordre et les civils. En 2007, plusieurs attentats-suicides ont visé des institutions algériennes (dont le Palais du Gouvernement le 11 avril et le siège du Conseil Constitutionnel) ainsi que la représentation à Alger des Nations Unies le 11 décembre.

Ces attaques se sont poursuivies en 2008, 2009 et 2010. Elles continuent à viser en priorité des cibles officielles (commissariat, école de gendarmerie, poste de gardes côtes) mais elles font aussi de nombreuses victimes civiles. En 2008, un ressortissant français a ainsi trouvé la mort dans un attentat à l’explosif. Ces attaques ont connu un pic en août 2008, au cours de laquelle elles ont fait plus de 60 morts. Pendant l’été 2009, plusieurs embuscades ont fait plusieurs fois une vingtaine de morts parmi les forces de sécurité. Le même phénomène est constaté pendant l’été 2010.

Depuis plusieurs années, cette organisation a développé ses capacités dans le Sud Sahélien, essentiellement le nord des pays limitrophes de l’Algérie (Mali, Mauritanie, Niger), mais la menace concerne aussi les confins sud du territoire algérien. Cette menace vise largement les ressortissants occidentaux, susceptibles de faire l’objet d’enlèvements, comme il a pu être constaté notamment en 2009 et en 2010.

Les intérêts étrangers peuvent aussi être visés dans le Nord du pays puisque le GSPC/AQMI inscrit explicitement ses actions dans le cadre international des actions d’Al Qaïda. Ainsi, il a émis à plusieurs reprises des menaces contre les intérêts étrangers, notamment français et américains.

Au début du mois de février 2009, à Tizi Ouzou, les services de sécurité ont déjoué une tentative d’enlèvement d’un ressortissant étranger par un groupe terroriste. Si des enlèvements d’origine crapuleuse ou terroriste sont une pratique fréquente en Kabylie, c’est la première fois qu’un expatrié était visé.

La violence terroriste se manifeste sous diverses formes, parfois proche du banditisme. Un important dispositif sécuritaire est déployé dans les grandes agglomérations et en particulier dans les zones où résident ou se rendent un grand nombre de voyageurs étrangers (grands hôtels, zones de circuits touristiques du Grand sud algérien notamment). Il convient de respecter strictement les consignes données par les responsables algériens de sécurité et de ne pas tenter de s’y soustraire.

Conseils élémentaires de sécurité pour touristes, hommes d’affaires et expatriés

Les voyages touristiques individuels, impliquant des déplacements par la route en dehors des grandes villes, demeurent déconseillés en Algérie.

Il convient de préférer l’avion pour les longs déplacements dans le pays. En cas de transport par la route, il est recommandé de privilégier les grands axes et d’éviter de circuler la nuit.

Il est important de se renseigner au préalable sur les régions où subsistent une activité et un risque terroristes. En particulier, les déplacements dans le quart Nord-Est de l’Algérie (Kabylie, Massif des Aurès, extrême Nord-Est) sont fortement déconseillés. Selon la situation sécuritaire, certains axes routiers et certaines zones peuvent être interdits à la circulation par les autorités algériennes. Celles-ci peuvent également imposer une escorte assurée par la police, la gendarmerie ou l’armée.

Dans le grand Sud, les voyages doivent être obligatoirement organisés avec des agences de voyage agréées par le ministère du Tourisme. Ces agences sont les seules à connaître le terrain, à maîtriser les techniques de survie en zone désertique et à disposer de matériels adaptés et éprouvés. Les circuits proposés par ces agences sont connus et autorisés par les forces de l’ordre, avec lesquelles elles sont en liaison permanente. En fonction de la situation sécuritaire, certains secteurs et itinéraires peuvent être interdits à la circulation.

Dans le cas d’un voyage d’affaires ou d’étude, il convient de s’assurer concrètement que l’organisme ou la société hôte a prévu un accompagnement ou une protection le cas échéant. Il est d’usage que toute personne ou groupe invité par une institution publique algérienne bénéficie d’un accompagnement. Dans tous les cas, il est avisé de se déplacer accompagné d’une personne de confiance connaissant les lieux.

En ville, il convient de demeurer dans les quartiers centraux et résidentiels et d’éviter les quartiers périphériques. Il est recommandé d’adopter une attitude discrète et conforme aux usages, règles et coutumes habituellement en vigueur dans les pays musulmans.

Arrivée  :  Pour de nombreux voyageurs, l’arrivée s’effectue par l’aéroport Houari Boumediene d’Alger. Compte tenu des abords parfois encombrés des accès à l’aéroport, il est vivement recommandé de signaler son arrivée de manière à être accueilli. Dans l’hypothèse où le voyageur ne peut être attendu, il est conseillé de réserver à l’avance une voiture de location avec chauffeur ou de prendre un taxi. Des adresses de loueurs sûrs peuvent être fournies par les hôtels ou l’Office National du Tourisme (ONT) et les agences de voyage. Les mêmes précautions valent pour les autres aéroports d’accès.

Hébergement

Il est recommandé de séjourner dans des hôtels sécurisés dont les accès sont filtrés :

Alger : El Djazair (ex Saint-Georges), Aurassi, Sofitel, Hilton, Mercure, Sheraton (éloigné de la ville mais situé au bord de la mer), Dar Diaf, Albert 1er, à titre d’exemples.
Oran : Royal Hôtel, Sheraton, Phoenix, El Mouahidine, Bel Air
Constantine : Cirta, Panoramic
Annaba : Seybouse
Bejaia: Le Cristal, le Zéphir
Tlemcen: Les Zianides

Il est suggéré, à l’arrivée, de se faire préciser les consignes de sécurité et de conserver les clés sur soi. En dehors des hôtels sécurisés, il existe dans les villes des restaurants où l’on peut se rendre: se renseigner localement.

Déplacements

A Alger : Alger offre le spectacle d’une vie normale. On peut s’y promener de jour dans les quartiers du centre, accompagné d’une personne de confiance connaissant les lieux. La visite de La Casbah est déconseillée, sauf visite organisée. Hors nécessité professionnelle, il est déconseillé de se rendre dans les quartiers périphériques de la capitale.

En province : dans les grandes villes, mêmes conseils de prudence qu’à Alger. Hors agglomération, les déplacements avec escorte sont préférables et les déplacements de nuit doivent être évités.

Compte tenu d’une circulation automobile intense, la plus grande prudence est recommandée en ville et sur les routes.

Risque sismique : Le pays se trouve dans une zone d’activité sismique. Un tremblement de terre, de magnitude estimée à 6,2 sur l’échelle de Richter, a frappé Alger et l’Est algérois (principalement la zone de Boumerdes) le 21 mai 2003, provoquant la mort de près de 2300 personnes et occasionnant des dégâts matériels considérables. Des secousses de faible intensité continuent d’être régulièrement signalées. Précédents tremblements de terre : Ain Temouchent, à 60 km au sud-ouest d’Oran (23 décembre 1999), Chlef (ex-Orléansville) en 1989. Pour obtenir plus d’informations sur la conduite à tenir en cas de séisme, vous pouvez consulter la fiche réflexe de ce site qui est consacrée à ce sujet rubrique " A savoir ".

Les recommandations de base sont les suivantes :

A l’intérieur : s’éloigner des fenêtres, des murs extérieurs, de tout meuble, tableau, luminaire susceptibles de se renverser;
s’abriter sous une table solide ou tout meuble résistant ou rester debout sous un encadrement de porte;

A l’extérieur : s’efforcer d’atteindre un espace libre, loin des arbres, poteaux électriques, murs ou bâtiments;
dans la voiture, s’arrêter au bord de la route et attendre à l’intérieur la fin des secousses.

Dans tous les cas, il faut conserver son calme, suivre les instructions données et attendre les secours, si nécessaire. Tout séisme important est suivi d’une série de secousses secondaires.

Si un tremblement de terre se produisait lors d’un séjour touristique, il est recommandé à nos ressortissants de prendre immédiatement contact avec leurs familles ou leurs proches afin de les rassurer sur leur sort ou, le cas échéant, en cas de problème de communication avec l’extérieur, avec le consulat de France de la circonscription concernée.

Transports

Infrastructure routière : Pour des raisons de sécurité, le transport interurbain en commun par route reste très fortement déconseillé. Le risque de faux barrages dressés par les groupes armés est toujours à redouter sur un certain nombre de routes, y compris des axes très fréquentés, souvent à la tombée de la nuit. En outre, le nombre d’accidents de la circulation apparaît particulièrement élevé, moins en raison de l’état du réseau, qui est dans l’ensemble bon, que du non-respect par les automobilistes du code de la route.

Réseau ferroviaire : Le transport par train est à éviter.

Source : Ministère français des Affaires etrangères