Histoire de l'Algérie

Présence de populations primitives attestée dès le paléolithique moyen par de nombreuses traces diverses.

  • A partir du XVIème avant J.C. : arrivée des populations berbères. Très tôt se différencient deux types de peuples : sédentaires sur les régions côtières, nomades à l'intérieur des terres.
  • Dès le XIIème siècle av. J.C. : les Phéniciens installent de nombreux comptoirs. Carthage va exercer pendant de nombreux siècles une influence importante (échanges marchands avec les Numides, diffusion de l'art grec).
  • Du IIème siècle av. J.C. au Vème siècle après J.C. : Rome impose son administration et l'Algérie connaît une remarquable prospérité et le développement d'importants centres intellectuels (Cirta, Timgad). La décadence de l'empire romain ouvre la voie aux Vandales puis aux Byzantins qui se heurtent aux révoltes des Berbères.
  • Au VIIème siècle : début de la conquête arabe et de l'islamisation auxquelles les Berbères résistent jusqu'au début du XIIIème siècle.
  • Entre le VIIIème et le XVème siècles se forment des états indépendants en Algérie musulmane : le royaume de Tahert, l'état hammadite puis l'empire des Almohades. L'Algérie sous régime turc doit résister aux attaques des Espagnols.
  • Avec le XVIIème siècle s'ouvre la période de la course : la riche et puissante corporation des corsaires dispute l' influence aux janissaires, l'emporte en 1671 et confie le pouvoir à un dey qui a sous ses ordres trois beys, dans les faits presque indépendants, l'un à Oran, l'autre à Médéa et le troisième à Constantine. Intensification de la rivalité entre la France et l'Angleterre pour le contrôle de la Méditerranée. La puissance centrale lacunaire et l'autorité religieuse des marabouts ouvre la voie à la colonisation.
  • De 1830 à 1930 : conquête et la colonisation de l'Algérie. En 1815, tentative infructueuse du congrès de Vienne de mettre fin à la piraterie. En 1830, envoi d'une expédition punitive par Charles X consécutive à des différends avec le dey d'Alger. Le Maréchal de Bourmont débarquent à Sidi-Ferruch puis les Français pénètrent dans Alger et conservent quelques positions sur les côtes. A partir de 1834, décision d'organiser la conquête. Le général Drouet d'Erlon est nommé gouverneur général et doit limiter l'occupation du pays à la seule zone littorale ( occupation restreinte ). La France se heurte à Abd-el-Kader dont la ruse, l'intelligence et l'autorité sur les tribus font un adversaire redoutable et avec lequel s'engagent des négociations ( Traité de La Tafna en 1837 ) .
  • Octobre 1837 : prise de Constantine par la France qui amène l'émir à dénoncer le traité; une brusque attaque lui livre la plaine de la Mitidja en novembre 1839.
  • Décembre 1840 : Bugeaud nommé gouverneur général est autorisé à étendre l'occupation; il va mettre en place une guerre d'usure et de razzias efficace qui va amener Abd-el-Kader à s'exiler au Maroc puis à se rendre au général Lamoricière avant d'être interné en France, libéré par Napoléon III et de pouvoir gagner la Syrie.
  • De 1848 à 1900 : consolidation de la conquête par des opérations visant à soumettre le Sud et la Kabylie. La colonisation rencontre des difficultés : acquisition des terres, organisation administrative ( 3 départements créés, Alger, Oran et Constantine et bureaux arabes militaires pour les territoires non pacifiés ). Insurrections en Kabylie en 1871, dans le Sud-Oranais en 1881 à l'issue desquelles la pacification est considérée comme acquise; le régime civil prévaut.
  • Après 1879 : les gouvernements se montrent favorables à l'assimilation. Le peuplement européen s'accélère (Français et Espagnols). Malgré les liens étroits avec la métropole, l'état d'esprit nationaliste prônant l'émancipation persiste. Le groupe intellectuel des Jeunes Algériens pose la question des réformes (inégalités fiscales, représentation politique des musulmans) ; retardées par la 1ère guerre mondiale, elles sont mises en place dès 1919 mais soulèvent les protestations des Européens d'Algérie, de même la politique jugée trop libérale du gouverneur Violette. Les problèmes sociaux et économiques et l'éveil de nouveaux courants nationalistes ( propagande anti-française des ulémas créés en 1931, formation du P.P.A., Parti du Peuple Algérien, par Messali Hadj en 1936 ) rendent difficiles la question des réformes.
  • Seconde guerre mondiale : participation active de l'Algérie.
  • En 1945, puis de 1952 à 1954 sous l'égide de l'O.S. (Organisation Spéciale), créée en 1947, proche des masses populaires et rurales : intensification des revendications nationalistes et création de nouveaux partis; à l'instar du reste de l'Afrique du Nord des incidents sanglants éclatent : à Sétif et à Gabès.
  • Au milieu de 1954, scission du M.T.L.D. (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) : les "messalistes" rangés du côté de Messali Hadj et les "centralistes" dont Ben Khedda, ces deux fractions opposées étant critiquées par les dirigeants de l'O.S. notamment Ben Bella.
  • Le 1er octobre 1954, début de la lutte à main armée encouragée par le F.L.N. (Front de Libération Nationale) et Ferhat Abbas, chef de l'Union Démocratique du Manifeste Algérien (U.D.M.A.). Attentats terroristes, mesures militaires imposées par la France; actions renforcées des rebelles pour empêcher l'écrasement de la révolte suggéré par le propos de Guy Mollet, chef du gouvernement: "cessez le feu, élections,négociations".
  • Le 13 mai 1958, violentes manifestations de rues. Création de comités de salut public. Le président Coty fait appel au général de Gaulle pour mettre sur pied un vaste plan de réformes en même temps que s'élabore la Constitution de la Vème République. Référendum du 28 septembre : 96% de votes favorables à la nouvelle Constitution. En novembre, élections. Cependant, de nombreuses opérations militaires sont nécessaires pour maîtriser la rébellion.
  • Le 16 septembre 1959 : reconnaissance par le général de Gaulle du principe d'autodétermination.
  • Janvier 1960 : agitation croissante, grèves et émeutes au nom de l'Algérie française. Nombreuses arrestations parmi les activistes. Lancement de la formule de ralliement : Algérie algérienne offrant la perspective d'une décentralisation.
  • Juin 1960 : entretiens à Melun entre les envoyés du G.P.R.A. (Gouvernement provisoire de la République algérienne) et le gouvernement français, qui aboutissent à un durcissement de la révolte.
  • Février 1961 : entretiens de Rambouillet entre le général de Gaulle et le président Bourguiba amorçant les négociations. Cependant, tentative d'insurrection militaire le 21 avril, recrudescence des attentats et organisation de l'armée secrète ( O.A.S.).
  • 19 mars 1962 : Aboutissement des pourparlers lors de la signature des accords d'Evian avec cessez-le-feu effectif. Malgré cela, exaspération de la tension entre les populations européennes d'Algérie et les populations musulmanes se traduisant par une multiplication des attentats et un exode vers la France d'Européens et de Musulmans désirant demeurer Français, tandis que se mettent en place les institutions de transition prévues à Evian (un Exécutif provisoire, un Haut Commissariat).
  • 1er juillet 1962 : la République algérienne devient indépendante par un vote massif. La mise en place d'une république socialiste s'accompagne de désaccords et de conflits.
  • 20 septembre : Première séance de l'assemblée élue quelques jours avant la formation du gouvernement Ben Bella et l'admission de l'Algérie à l'O.N.U. La politique internationale et l'action intérieure du gouvernement s'orientent dans le sens de l'idéal de la révolution : indépendance sur le plan international, négociations économiques et financières entreprises avec la France, désaccords à résoudre entre Alger et Tunis et Rabat, relations avec les nations musulmanes de l'Orient méditerranéen. Une ligne politique souple s'impose face à des exigences souvent contradictoires. L'atmosphère intérieure reste assez lourde : arrestations diverses , exclusion du F.L.N. de Ferhat Abbas, adoption du régime du parti d'état unique, référendum sur la Constitution.
  • A partir de l'automne 1963 : éclatent de grandes crises : nationalisation des terres françaises, confiscation des biens propriétés des Français, rébellion kabyle à l'occasion du conflit algéro-marocain. Conclusion d'accords économiques entre Alger et Tunis. Situation économique et sociale pesante. Des mesures d'apaisement sont décidées pour tenter de calmer ces différentes crises. L'opposition est très importante et ses leaders sont dans l'obligation de prendre la fuite (Ferhat Abbas, Ben Khedda, Mostefaï).
  • Mai 1964 : Renforcement de la coopération algéro-soviétique lors du voyage de Ben Bella en U.R.S.S. .
  • Janvier 1965 : Grèves massives. Puis prise de pouvoir par le colonel Houari Boumediene, appuyé sur l'armée nationale populaire.
  • 1966 : Situation économique déplorable entraînant de nouvelles nationalisations.
  • 1967 : Durcissement de l'Algérie dans le conflit israélo-arabe, ouverture d'un sommet afro-asiatique à Alger en octobre, échec du mouvement séditieux du colonel Zbiri.
  • Avril 1968 : Attentat contre le Président. Le dénouement de la crise ne se produit qu'en 1976, deux référendums approuvant massivement la Charte nationale et la Constitution.
  • Décembre 1978 : Mort de Boumediene. Le congrès du F.L.N. désigne comme successeur Chadli Bendjedid dont la politique est plus ouverte.
  • 1980 : Libération de Ben Bella. La redéfinition des secteurs prioritaires (agriculture, hydraulique, problèmes sociaux) permet de réduire la dépendance extérieure en marquant une pause dans le développement industriel. La volonté d'arabisation réaffirmée occasionne des troubles en Kabylie francophone. Reprise des relations avec la France qui aboutissent à un "accord politique" sur le prix du gaz naturel livré à la France, en 1982.
  • 17 décembre 1982 : 1ère visite d'un président algérien en France depuis l'indépendance.
  • 1985 : effondrement du cours du pétrole, manifestations et arrestations de divers opposants (chanteurs, jeunes manifestants).
  • 1986 : référendum pour une nouvelle Charte nationale affirmant le peuple algérien arabe et musulman.
  • 1988 : reprise des relations diplomatiques avec le Maroc puis avec l'Egypte. Manifestations importantes à l'initiative des mosquées et du F.I.S. (Front Islamique de Salut) en 1990 et en 1991.
  • 25 mai 1991 : Lancement d'une grève générale illimitée (prend fin le 9 juin). Démission de Sid Ahmed Ghozali, Premier Ministre. Nombreuses arrestations de dirigeants et de responsables du F.I.S. .Début de la guerre civile qui va se poursuivre jusqu'en décembre 1997.
  • 2 janvier 1992 : 300 000 personnes manifestent pour sauver la démocratie à Alger. démission de Chadli. L'intérim est assuré par Abdelmalek Benhabiles. Création d'un Haut Comité d'État, dont le président, Mohamed Boudiaf, est assassiné pendant un discours. Il est remplacé par Ali Kafi. Condamnations, arrestations, attentats revendiqués par le F.I.S., actes et incendies criminels se succèdent pendant l'année 1993. Ultimatum du G.I.A. (Groupe Islamique Armé) incitant les étrangers à quitter l'Algérie.
  • 30 janvier 1994 : le général Liamine Zéroual est nommé chef de l'État. Le G.I.A. durcit sa position par des actes terroristes alors que le F.I.S. condamne les violences contre les civils.
  • 30 décembre 1995 : Ahmed Ouyahia remplace Mokdad Sifi dans la fonction de Premier Ministre. Un Conseil consultatif national remplace l'Assemblée populaire. Levée du couvre-feu en vigueur depuis 3 ans à Alger. Organisation d'une conférence d'entente nationale.
  • 1997 : plus de 300 morts lors du ramadan ; libération d'Abassi Madani (leader du F.I.S.) après 6 ans de prison.
  • 1998 : mission d'information à Alger de 3 secrétaires d'État européens. 1000 morts pendant le ramadan. En juin et juillet, émeutes en Kabylie contre l'assassinat du chanteur berbère Matoub Lounès.
  • 5 juillet : la loi sur l'arabisation entre en vigueur. Démission du ministre de la justice, Mohamed Adami.
  • En 1999, Liamine Zeroual décide de mettre fin à son mandat présidentiel qui devait s'achever en 2000. Des élections présidentielles anticipées sont alors organisées au mois d'avril 1999. Huit candidats se présentent au premier tour parmi lesquels figure Abdelaziz Bouteflika, qui fut déjà par le passé l'ancien ministre des Affaires étrangères de Houari Boumediène. Avant la fin du déroulement des élections, les sept autres candidats décident d'un commun accord de se retirer suite à des cas de fraudes qu'ils déclarent avoir observés. Abdelaziz Bouteflika décide de maintenir sa candidature et remporte les élections présidentielles avec un taux de 74 %. Il s'engage dès lors à appliquer son programme qui s'articule autour de trois axes principaux : le retour de la paix à travers l'application de la concorde nationale, la réactivation de l'économie et le retour de l'Algérie sur la scène internationale. Son premier mandat s'achève en 2004. De nouvelles élections sont organisées au mois d'avril, le principal concurrent du président sortant étant son ancien Premier ministre Ali Benflis. La campagne électorale se déroule autour de ces deux candidats, et le suspense entretenu par les médias tant nationaux qu'internationaux, est perceptible jusqu'au dernier jour des élections. Abdelaziz Bouteflika est finalement réélu avec un taux de 85 %. Son programme pour le deuxième mandat prévoit un plan quinquennal pour la relance de l'économie, au profit duquel il consacre une enveloppe financière de 150 milliards de dollars. Parmi les chantiers ouverts à la faveur de ce plan, il y a l'engagement de construire un million de logements avant la fin du mandat en cours, ainsi que l'effacement de la dette extérieure qui constituait un réel fardeau pour l'économie algérienne, et enfin la réduction du taux de chômage.
  • En 2009, la France accepte d'indemniser les victimes estimées entre 20 000 et 30 000 personnes lors des essais nucléaires français en Algérie pendant les années 1960.
  • En mars et d'avril 2009, la campagne électorale pour les présidentielles se déroule et Abdelaziz Bouteflika est réélu pour un troisième mandat le 9 avril 2009.
  • 24 février 2011 : Levée de l'état d'urgence en vigueur depuis 1992.
  • 11 mars 2012 : Décès d'Ahmed Ben Bella, premier président du pays.
  • 10 mai 2012 : Victoire du FLN aux élections législatives, alors que les pronostics donnaient les partis islamistes gagnants.
  • 16 janvier 2013 : Prise d'otages sur le site gazier d'In Amenas (sud-est du pays) par un commando islamiste appartenant à la katiba de Mokhtar Belmokhtar.
  • 17-19 janvier 2013 : Assaut de l'armée algérienne contre les islamistes preneurs d'otages du site gazier d'In Amenas (bilan : 37 étrangers, 1 Algérien et 29 assaillants tués).