Traites Négrières et Esclavage

La traite arabe, qui a précédé la traite européenne, empruntait les voies d'acheminement en provenance du Ouadaï et du Darfour par le Nil, de la partie occidentale de l'Afrique par le Sahara vers les villes arabes de l'Afrique, du centre de l'Afrique vers les Comores, les Mascareignes et le Brésil.

L'Empire ottoman était un centre de redistribution de main-d'œuvre servile.

La voie d'approvisionnement de la Russie jusqu'à Moscou traversait, depuis l'Empire ottoman, la Valachie, la Moldavie et la Petite Russie.

La traite atlantique a été en partie rendue possible par le caractère esclavagiste de la société africaine notamment dans les grands empires sahéliens médiévaux. De nombreux royaumes ont collaboré à la traite européenne.

Traite négrière et esclavage divisent les pays européens à Durban - Le Monde - 03.09.2001

Les représentants européens présents à Durban à la Conférence de l'ONU contre le racisme ne parviennent pas à adopter une position commune quant à la question de l'esclavage. Entre "regrets" et "excuses", certains hésitent encore. En marge des débats sur Israël et de la question inhérente au sionisme, les participants à la Conférence de Durban peinent également à se mettre d'accord sur la question sensible de l'esclavage. Les pays européens semblaient divisés lundi quant à savoir lequel des termes "regrets" ou "excuses" il convenait d'employer pour élaborer la déclaration finale devant être adoptée vendredi à la fin de la conférence. "Il y a une division entre ceux qui sont prêts à s'excuser et ceux qui veulent en rester aux regrets", a indiqué à l'AFP une source européenne proche du groupe de travail européen.

Selon cette source, "l'Allemagne et l'Italie sont en faveur d'"excuses", mais pas la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal. La France hésite".Au-delà d'un distinguo sémantique, les Occidentaux craignent que l'emploi du terme "excuses" n'ouvre la voie à des réparations financières pour les dommages causés aux esclaves et à leurs descendants pendant des siècles.
Londres a défendu lundi sa position sur l'esclavage, affirmant que la Grande-Bretagne estimait que "l'esclavage doit être condamné au présent et regretté au passé". "Cette position est commune à tous les pays de l'Union européenne et a été adoptée au conseil des ministres européens des affaires étrangères en juillet", a indiqué un porte-parole du Foreign Office. "Il ne serait pas raisonnable que les gouvernements (actuels) endossent la responsabilité des actes de gouvernements réalisés il y longtemps.
Ce qui est important, c'est ce que nous faisons aujourd'hui", a-t-il poursuivi. Avant la conférence, le ministère français des affaires étrangères avait indiqué que Paris exprimait "ses regrets" pour le passé, mais voulait se tourner vers l'avenir. Le ministre délégué à la coopération, Charles Josselin, a déclaré samedi à Durban qu'il ne voulait pas que la formulation d'excuses "augmente le chiffre d'affaires des cabinets d'experts et de juristes".

De leur côté, les pays africains souhaitent que les réparations pour l'esclavage prennent la forme d'un "engagement véritable" de soutien aux nouvelles initiatives de développement africaines. Ils comptent bien maintenir leur position de principe adoptée avant la conférence en demandant "des excuses et des réparations", a déclaré, à l'issue d'une réunion des délégués des pays africains, Saïd Assi Djinnit, secrétaire général adjoint de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), chargé de coordonner les positions du groupe. "Nous avons adopté une position commune sur la manière dont peuvent se faire les réparations, dans le cadre des initiatives (de développement) prises par les pays africains", a expliqué M. Djinnit. "Les pays développés en général, et ceux qui ont profité de l'esclavage en particulier, doivent faire preuve d'un engagement véritable pour appuyer les initiatives africaines", a-t-il conclu. Présent à Durban, le révérend Jesse Jackson, leader noir américain de la lutte pour les droits civiques, a affirmé que l'esclavage ne pourrait jamais être traité "comme s'il n'avait jamais existé"."

A de nombreux égards, l'Afrique a participé au développement de l'Amérique et de l'Europe", a-t-il déclaré lundi à la BBC, avant d'ajouter : "Si vous ne vous sentez pas coupables de l'esclavage et du colonialisme, si vous vous en sentez fiers, alors dites-le (...), mais si quelqu'un veut sincèrement surmonter les ravages du passé, ce ne doit pas être difficile de s'excuser."