Afrique Occidentale Française A.O.F.

 Afrique Occidentale Française A.O.F.

L’Afrique-Occidentale française (A.O.F.) : cette fédération, regroupant entre 1895 et1958 huit colonies françaises d'Afrique de l'Ouest, avait pour objectif de coordonner sous une même autorité la pénétration coloniale française sur le continent africain. 

Elle fut constituée en plusieurs étapes et réunit la Mauritanie, le Sénégal, le Soudan français (devenu Mali), la Guinée, la Côte d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta (devenue Burkina Faso) et le Dahomey (devenu Bénin), soit près de 25 millions de personnes au moment de sa dissolution. 
Cette organisation est comparable à celle qui sera instaurée en Afrique-Equatoriale Française en 1910. 

La loi du 20 mars 1894 institue un véritable ministère des Colonies, chargé de centraliser la gestion des colonies, en remplacement du sous-secrétariat d’état existant auparavant. T
ous les territoires appartenant à la France ou protégés par elle hors d'Europe en relèvent désormais et les administrateurs sont formés par l'Ecole coloniale. 

Une nouvelle entité territoriale – l'Afrique-Occidentale Française – est alors créée le 16 juin 1895 par l'union du Sénégal, du Soudan français, de la Guinée et de la Côte d'Ivoire dans un premier temps.

Le gouverneur général de l'AOF, qui est aussi le gouverneur du Sénégal, réside à Saint-Louis. Le premier nommé à ce poste est Jean-Baptiste Chaudié. 

Le 29 juillet 1901 la Banque du Sénégal devient la Banque de l'Afrique-Occidentale. Créée sous forme de société anonyme, elle dispose du privilège d'émission et avait déjà quitté Saint-Louis pour Dakar.
En 1902, c'est la capitale elle-même qui est transférée à Dakar et elle y restera établie jusqu'à la dissolution de la fédération. 

Depuis 1895, le gouverneur du Sénégal assume aussi la fonction de gouverneur général de l'A.O.F.
Après sept années de fonctionnement, il devient évident que la charge est trop lourde et les deux postes sont alors dissociés. Ernest Roume est le dernier à avoir cumulé les deux mandats. 

Un arrêté de 1903 établit la création du système scolaire en A.O.F. et en 1904 la création et la formation d’un corps d’inspecteurs de l’enseignement est à l’origine de la future École William Ponty en 1916. 

En 1904 on dénombre six colonies : Sénégal, Haut-Sénégal et Niger, Mauritanie, Guinée, Côte-d’Ivoire, Dahomey. Les troupes noires en provenance de ces pays sont mises à contribution pendant la Première Guerre mondiale et en 1917 Blaise Diagne, élu député en 1914, est chargé du recrutement des tirailleurs sénégalais.

En 1919 sont rattachés à la fédération la colonie de la Haute-Volta nouvellement créée et le territoire sous mandat du Togo.
Symbole de l'avancée coloniale, la ligne de chemin de fer reliant Dakar au Niger atteint Bamako en 1923.En 1921, un recensement dénombre en Afrique occidentale française 12 283 000 habitants, sans compter le Togo (673 000 h.).

L'Exposition coloniale internationale de 1931 au bois de Vincennes est une manifestation  destinée à montrer le prestige et la puissance de l'empire colonial. Avec la reconstitution du temple d'Angkor, la forteresse du pavillon de l'A.O.F. en constitue l'un des principaux centres d’attraction. 

En septembre 1940 le gouverneur général Pierre Boisson, resté fidèle au régime de Vichy, fait échouer la tentative de débarquement des troupes alliées lors d’un affrontement naval connu sous le nom de bataille de Dakar ou « Opération Menace ». Mais en 1942 l'A.O.F. se rallie au général de Gaulle. 
Un projet de loi tendant à la suppression du travail forcé en A.O.F. est soumis à l'Assemblée nationale le 1er  mars 1946 et adopté en 1947 sous le nom de loi Houphouët-Boigny.
La même année, la loi Lamine Gueye accorde la citoyenneté à tous les ressortissants de l’Union française qui vient d'être instituée et abolit le Code de l'indigénat.
 C’est après le référendum de septembre 1958 sur la future Communauté française, que la fédération cessa d’exister : les territoires membres votèrent leur transformation en républiques autonomes, à l'exception de la Guinée, qui se déclara pour l'indépendance.

L’indépendance de la Guinée en 1958, puis celles des autres républiques en 1960 marquent la fin de l’A.O.F.

La Côte-d'Ivoire, le Niger, la Haute-Volta et le Dahomey formèrent par la suite l'Union Sahel-Bénin, qui dura peu de temps, puis le Conseil de l'Entente.

 Avec une superficie de 4 689 000 km² (principalement le désert ou la zone semi-désertique à l’intérieur de la Mauritanie, du Soudan et du Niger) s'étendant du point le plus à l'ouest de l'Afrique au Cap-Vert aux profondeurs du Sahara, la fédération comptait plus de 10 millions d'habitants à sa création et environ 25 millions lors de sa dissolution. 
L'A.O.F. était placée sous l’autorité d’un gouverneur général (plus tard appelé haut-commissaire) dont dépendaient plusieurs lieutenants gouverneurs. Les frontières de chacune des colonies composant l'A.O.F. furent négociées avec les puissances coloniales voisines par des conventions.
En cas de frontière franco-française intervenait une décision administrative.Au fur et à mesure de l’implantation française, le découpage du territoire était géré par des unités administratives, des cercles et des subdivisions selon le schéma suivant : la première colonie est celle du Sénégal. Son chef-lieu est Saint-Louis-du-Sénégal. Elle est divisée en 15 cercles et regroupe Wolofs, Sérères, Diolas, Malinkés, Peuls et Toucouleurs.
Le Soudan français – issu des anciens empires du Ghana, du Mali et du Songhaï – a pour chef-lieu Bamako. Il est divisé en 21 cercles. Ses habitants sont des Touaregs, des Bambaras et des Sarakholés.
La Guinée française a pour chef-lieu Conakry. Elle est divisée en 18 cercles et peuplée de Tomas, de Kissi, de Bagas, de Coniaguis, de Malinkés , de Sossos et de Peuls.
La Côte d'Ivoire a pour chef-lieu Bingerville et est divisée en 20 cercles.
Le Dahomey a pour chef-lieu Porto-Novo et est divisé en 12 cercles.
La Haute-Volta a pour chef-lieu Ouagadougou. Elle est divisée de 10 cercles. Sa population est composée de Mossi et de Malinkés.
La plus jeune colonie est celle du Niger dont le chef-lieu est Niamey (anciennement  Zinder). Elle est divisée en 12 cercles. Ses habitants sont originaires de l'Aïr, de l'Agram, du Zinder et du Toro.
La Mauritanie a pour chef-lieu Saint-Louis et est divisée en 8 cercles. 
Quant à Dakar et Gorée, elles sont réunies au sein d'une circonscription spécifique.

La France disposait par ailleurs de deux enclaves dans le Nigeria britannique : Forcados et Badjibo.